Un brûlot ? Peut être mais un beau film

Un brûlot ? Peut être mais un beau film

Sortie au cinéma le 15 septembre « Le genou d’Ahed » à voir.

Merci au directeur du Cinéma des Carmes d’Orléans d’avoir accueilli ce film en avant première, vendredi soir, et surtout d’avoir permis à son réalisateur israélien Nadav Lapid de le présenter. Ce film vient de remporter le Prix de Jury au dernier Festival de Cannes et sortira en salles le 15 septembre.

L’affiche du film, sortie le 15 septembre 2021

Un film sur Israël

Notre séjour en Israël et Palestine restera à tout jamais gravé dans ma mémoire et quand j’ai l’occasion de voir un documentaire, un film, une émission de télé sur ce pays je ne le manque pas. De France l’actualité d’Israël, ce sont les manifestations des musulmans palestiniens ou israéliens toujours durement réprimées, les répliques systématiques après chaque attaque de roquettes du Hamas, les décombres de Gaza, les élections législatives et leurs partis extrémistes, les démêlés de leur premier ministre avec la justice . Dernièrement des réussites logistiques comme la vaccination généralisée ou des réussites techniques comme le logiciel espion Pegasus ont fait la une.

Cependant il est plus difficile d’avoir une vision des sentiments profonds des citoyens devant cette actualité très souvent violente. Quelques articles de correspondants de presse et la lecture régulière du journal de Tel Aviv « Ha’Aretz » (centre gauche) repris dans « Courrier International » donnent une idée de la complexité de l’ambiance générale entre peur, indifférence, extrémisme religieux, intérêt et colère. On découvre que des citoyens se révoltent contre la politique militaire de leur pays utilisant trop l’offensive préventive. D’autres manifestent pour une vie meilleure. Des intellectuels parlent même de fiasco et de catastrophe morale.

Pas facile de vivre dans ce pays ?

Le mur à Bethléem (2015)

Sur 700 km, dans la campagne une large trouée et un mur de béton électrifié , appelé « clôture antiterroriste » ou « mur de la honte » (2015 photo prise de Jérusalem)

Dans ce film, Nadav Lapid, citoyen israélien, se fait l’interprète de ce drame, il s’attaque à la censure qui rongerait l’expression culturelle, l’art en général. A noter que par soucis d’objectivité, le réalisateur a tenu à préciser lors du débat que malgré ce qu’il dénonce, « dans mon pays il n’y a pas de journalistes et d’artistes qui croupissent dans les prisons comme en Turquie » !

« Le genou d’Ahed », c’est l’histoire de « Y » un cinéaste qui prépare un film sur le calvaire d’une jeune palestinienne, Ahed,Tamimi emprisonnée à 17 ans pour avoir gifler un militaire . Cette situation me rappelle la discussion que j’ai eu dans un camp palestinien, avec un animateur prônant la non violence. Celui ci devait sans cesse modérer les enfants tentés de lancer des pierres sur les militaires entrés dans leur camp. Il leur disait qu’ils risquaient la prison mettant fin à leur scolarité … et peut être comme Ahed risquaient d’avoir le genou cassé pour ne plus courir.

Lors du casting dans le désert « Y » refuse de remplir le « formulaire » que lui propose Yahalom, la représentante du Ministère de la Culture qui indique ce qu’un réalisateur a le droit de montrer dans son film. Cette rencontre dans un village isolé du désert où elle est une animatrice et militante culturelle, se déroulera avec une intensité inouïe où violence de diverses scènes, de dialogues, de suspens et d’amour (celui de la sœur de Yahalom) s’entremêlent.

Film subventionné par le Ministère de la Culture Israélienne

Ce film a été heureusement choisi par le jury du Festival de Cannes.

Dans le générique de début on peut voir le Ministère de la Culture Israélien figurer dans le générique parmi les financeurs (ARTE, etc…). Pourtant pendant tout le film cette institution est sans cesse attaquée. Il a fallu attendre le débat pour que Nadav Lapid nous explique que c’est suite à son succès à Cannes que ce film a reçu une modeste subvention. « Il aurait été suicidaire de déposer un dossier avant, le film n’aurait pas pu se faire. » Et puis ce sont-ils dit que ce film par son caractère excessif fera peur au public. Qui ira voir un « brûlot », terme utilisé par quelques critiques français ? Sûrement, comme moi, les visiteurs de ce pays si beau qu’ils ont trouvé si honteusement inhumain quand ils mettent les pieds dans un camp palestinien ou quand ils utilisent un des passages obligatoires aux palestiniens. Voir mon blog étiquette « palestine ». Ces « touristes » espèrent mieux pour les personnes, les amis qu’ils rencontrent, de quelles religions ou origines soient-ils. Certes on ne peut pas faire le bonheur de tous ceux que l’on rencontre mais on peut encourager les artistes, les réalisateurs de film qui tentent de leur ouvrir l’esprit, comme Yahalom, la militante culturelle dans son village.

En conclusion de sa présentation, le réalisateur, nous a précisé : « Dans mon pays, j’ai reçu de nombreux messages de félicitation y compris de personnes inattendues.  »

Espérons qu’il en sera de même en France à partir du 15 septembre.

N’hésitez pas, « le genou d’Ahed » est un film certes dérangeant par sa réalisation mais important pour qui n’accepte pas le discours ambiant sur Israël.

Photo Internet (France – Allemagne – Isra‘l – 1h40 – RŽalisteur-scŽnariste: Nadav LAPID – Acteurs Y. – Avshalom POLLAK Yahalom – Nur FIBAK)

4 réactions au sujet de « Un brûlot ? Peut être mais un beau film »

  1. Coucou mmon cher Bernard..bien noté ton commentaire argumenté comme d hab a l occasion j irai voir le film..
    Merci encore je vous embrasse..

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