Jean Pierre vient de m’envoyer ce courrier . Et je me suis régalé !

« La COTE D’IVOIRE avance !!!!!
  Avec ces  sujets proposés au concours LEPINE AFRICAIN ;
  Il y a comme quelque choses de « merveilleux « qui réveil mon
  enfance …… ALICE au pays des merveilles ou quelque chose
  dans le genre  !!! »

Aller voir au cinéma un film d’animation, on hésite nous les adultes-séniors. Pourtant à plusieurs reprises nous nous sommes régalés de ces films.

Hier nous sommes allés voir « Aya de Yopougon« , film d’animation de Marguerite Abouet et de Clément Oubrerie.

L'affiche du film

L’affiche du film

Pendant 1h30 nous nous sommes retrouvés à Abidjan en Côte d’Ivoire dans les années 1970, pas de téléphone portable, voiture du patron une DS.

Pourquoi j’ai aimé ?

La musique est entrainante et très africaine parce que plusieurs morceaux sont tirés de « L’Afrique enchantée » .

Pour le plaisir écoutez des musiques du film :

Sweet Mother de Prince Nico Mbarga : 06 Sweet Mother
Dissan Na M’bera de Super mama Djombo : 2-01 Dissan Na M’bera
Yarabi de Bem beya Jazz National :08 Yarabi

Les images, des dessins plus que vrais qui ne manquent pas un détail des particularités africains, morphologie des africaines, lunettes des hommes, les pagnes des femmes, etc… De l’architecture d’Abidjan, les immeubles modernes, le Grand Hôtel, les villas somptueuses, le réseau d’électricité meli-mélo, il ne manque rien.

Les aquarelles des paysages sont somptueuses. A plusieurs reprises, les panoramas d’Abidjan valent des photos.

Enfin l’histoire dans sa banalité de la vie quotidienne est attrayante pour les spectateurs qui connaissent un peu cette Afrique si attachante par sa spontanéité générale. Le scénario met en scène une jeune fille qui veut sortir du cercle infernale des trois C, Couture, coiffure et chasseuse d’homme pour se marier. Elle annonce à son père qu’elle souhaite poursuivre ses études pour être médecin. Cette dernière raconte les  histoires de ses copines : maki (bar dansant), garçons, bébé .

A qui ressemble-t-il ce bébé ?

Nous y voyons le poids des traditions mais surtout le caractère machos des hommes, le fatalisme des femmes, l’importance du sexe.

Il est très sympa ce film, il vaut tous les documentaires retraçant la vie quotidienne en Côte d’Ivoire et plus généralement en Afrique Centrale. Je pense que les africains devraient se régaler devant tous les détails mis en exergue.

Et comme toujours en Afrique l’envie de danser est omniprésent dans ce magnifique film.

 

 

Les prodiges de la mécanique africaine

JP n’oublie pas le blog et il vient de m’adresser des photos de chez lui labas en Côte d’Ivoire. Ces images de la vie quotidienne montrent que malgré le désordre ambiant post-guerre civile (c’est ce que l’on lit en France), la vie a repris . Les Africains sont toujours d’aussi bon mécaniciens. Il faut bien se débrouiller car je ne pense pas que les garages soient debout.

« Un peu de couleur local , dans la mécanique auto oû l’absence de moyens pour opérer sous ce véhicule ne prend pas le carrossier au dépourvu.

Un moyen classique pour travailler "sous" le véhicule.

Un moyen classique pour travailler "sous" le véhicule.

L’intervention consiste à renforcer le plancher passablement pourri sur des zones malencontreusement situées à proximité du réservoir d’essence, de la
durite en sortie et de la canalisation elle même dans la partie avant…

La soudure

La soudure

Le chef , passablement satisfait du prodige de son ouvrier , montre qu’il a su par quelques prières et grigris éviter une explosion fâcheuse pour les voisins et l’opérateur lui même .
Il est vrai que son équipement des pieds à la tète le met à l’abri de n’importe quel préjudice

Le chef...

Le chef...

Un détail : la photo lors du soudage a été prise au zoom à …20m. »

JP retourne en Côte d’Ivoire.

Il est revenu en France, dans sa famille, rapatrié par le Force Licorne il y a un mois, au plus fort de la tourmente. Tous les blancs étaient victimes de pillages et il fallait quitter la maison en urgence. Les médias ont montré cet épisode effroyable.

JP s’en ai sorti parcequ’il a choisi le bon chemin… et il a été récupéré par les militaires français in extrémis.

JP témoigne que cette évacuation s’est passée avec beaucoup d’humanité  grâce au travail des différents consulats de France. Mais le  vol en Transall entre Abidjan et Dakar restera longtemps dans sa mémoire !

Demain  JP sera de nouveau à Abidjan où il est attendu par de nombreux amis et collaborateurs pour reprendre leur activité dans l’industrie. Sa maison a été préservée grâce au courage du gardien qui s’est battu héroïquement contre les pillards.

En route pour Roissy, JP vient de passer à la maison, il m’a promis de m’envoyer de nouveau des informations selon le temps dont il disposera.

JP nous ne m’a pas raconté les scènes épouvantables qu’il a vu  et vécu (il l’avait fait à sa famille). Notre conversation s’est centrée sur le traumatisme subi par ses amis.

Des « blancs » n’ont pas pu partir car ils n’ont plus de famille hors de Côte d’Ivoire. Les événements qu’ils viennent de vivre sont pires que ceux qu’ils ont vécus en 2004. Ils  s’en sont sortis par chance, une fois de plus. Pour combien de temps  ? Le moral est au plus bas . L’exomil se consomme à haute dose…

Les « africains » ont laissé beaucoup des leurs, morts ou blessés dans cette guerre civile ; pour eux la mort est presque devenue  banale tant ils l’ont cotoyée… et ils attendent eux aussi de reprendre le chemin du travail.

JP rentre plein d’optimisme, il emmène dans  ses bagages de quoi remonter le moral… des fromages de sa région .

En Côte d’Ivoire il va  retrouver les siens et son activité . Les commandes ne manquent pas, le travail, le gagne pain ne serait-il pas le meilleur remède pour trouver goût à la vie ?

Pour la réconciliation, il faudra attendre encore longtemps malgré les démarches entreprises par gouvernants.

J’attends maintenant avec impatience les premières impressions de JP, pour une leçon de vie dans cette Afrique si riche en valeur humaine.

JP est dans la tourmente d’Abidjan. Les nouvelles que nous avons ne sont pas mauvaises. Il ne fait pas partie des français kidnappés à l’Hôtel Novotel. Il ne peux plus avoir accès à Internet. Mais je suis sûr que lorsque le calme reviendra il nous enverra quelques photos de la vie dans ce pays dévasté.

carte_dcote_divoire

La situation à Abidjan est catastrophique. La guerre civile fait rage. Malgré leur neutralité indispensable, les expatriés doivent être très inquiets sur l’avenir du pays et en conséquence de leur devenir dans ce pays . D’autant qu’un certain nombre sont làbas, pas seulement pour des raisons économiques.

Cette photo que nous envoie JP veut sûrement rassurer les siens restés en France.

Cette photo que nous envoie JP veut sûrement rassurer les siens restés en France.

« Rien de tel qu’un ptit passage casse croute ,dans la vrai tradition chez JP dès 8 h le matin , pour vous rendre indestructible ; sa doit durer qu’il dit , « tant qu’il en reste dans la bouteille » …….. »

J’ai demandé à JP de me parler de la vie quotidienne à Abidjan en ce moment où les deux parties sont au statut quo.

La circulation.

« Dans la ville la circulation est plus fluide que d’habitude depuis un mois avec une raréfaction à la moindre rumeur d’action militaire ou manifestation en tout genre ». Et on sait que dans ces situations les rumeurs sont très nombreuses.

L’approvisionnement .

 » Pour l’instant les approvisionnements en nourriture et en carburant sont possibles pour celui qui a « quelque chose dans le porte-monnaie », car certaines denrées comme le riz, la viande locale et même le poisson ont augmenté de 50%.« 

Les banques.

« Pour le travail, certains fournisseurs dans le domaine technique refusent des chèques provenant de certaines banques (les locales victimes du « holdup »).

« Il est à craindre pour les jours à venir des difficultés de s’approvisionner en liquide. »

Les quais du port deviennent de plus en plus calmes depuis que les mesures de restriction de l'UE commençent à s'appliquer.

Les quais du port deviennent de plus en plus calmes depuis que les mesures de restriction de l'UE commençent à s'appliquer. (photo de JP)

L’avenir

« Mes collaborateurs ivoiriens sont bien sûr inquiets , mais évitent de tomber dans
le fatalisme . Ils pensent que toutes les cartes ne sont pas jouées et qu’il y
aura des jours meilleurs
. »

Minéralier chargeant des ballots de coton

Dans une atmosphère de poussière véhiculée par le vent Harmattan, minéralier chargeant des ballots de coton (photo de JP)

Un ami signant JP est expatrié en Côte d’Ivoire . Il continue à travailler la-bas et il a accepté de m’envoyer infos et photos liées à l’actualité. J’espère beaucoup qu’il m’enverra aussi des bonnes nouvelles (ce que je recherche le plus !!!).

La Côte d'Ivoire

La Côte d'Ivoire

Quand JP est arrivé la semaine dernière (revenant de France) le vent appelé Harmattan, soufflait du Nord  sur la ville d’Abidjan. Ce phénomène climatique et saisonnier handicape la vie quotidienne car tout est recouvert d’une poussière jaune. Ce vent se rencontre aussi plus au Nord au Burkina Fasso. Dans le dernier message de JP , ce vent s’était calmé.

Les dernières nouvelles , à voir aussi .

Il m’a envoyé une photo qui montre bien d’extrémisme des partisans de Gbagbo.

"Il serait bon de connaitre aussi la prise en compte  de la SPA ,si elle existait en Cote D'Ivoire sur ce sujet "(JP des cocotiers).

"Il serait bon de connaitre aussi la prise en compte de la SPA ,si elle existait en Cote D'Ivoire sur ce sujet "(JP ).