Fête de la Musique au Cercil

Fête de la Musique au Cercil

Le CERCIL est un lieu orléanais de plus en plus connu . C’est là que se situe le Musée Mémorial des enfants du Vel d’Hiv , c’est également le Centre d’histoire et de mémoire sur les camps de Beaune-la -Rolande, de Pithiviers et de Jargeau dans le Loiret. Des conférences y sont organisées régulièrement. La présidente-fondatrice  est Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, ancien ministre de l’Enseignement  et créateur du Festival de Cannes en 1939.

L’affiche officielle

La culture pour vivre

La semaine dernière nous avons « fait la Fête de la Musique » dans la cour du musée à l’ombre d’une des baraques retrouvée à Pithiviers où ont été interné les raflés du Vel d’Hiv avant leur départ pour les camps de la mort. (vu principalement dans le film « La rafle du Vel d’Hiv »).

Depuis plusieurs années un prof de musique, Guillaume Dettmar, propose un concert de musique Klesmer et des chants yiddish . Aimant particulièrement cette musique venue de l’Est ( Voir mon billet de 2015) cette année nous avons réservé notre place … et pu profiter pleinement de deux heures d’enchantement.

Dans son discours d’introduction, le Directrice du Cercil a mis l’accent sur la place de la culture dans les camps d’internement nazis ; les scientifiques du Cercil ont découvert que les internés s’organisaient pour peindre, dessiner, chanter  et faire de la musique. Des partitions ont été retrouvées et lors du concert de ce jour, un des morceaux joués, a été composé à Pithiviers en 1941.

Mon coup de cœur

Parmi des nombreuses œuvres chantées en yiddish et joués en klezmer, un moment a  ému l’assemblée. Les classes de cinquième du collège Malraux ont chanté deux chants en yiddish. Une professeure de cet établissement a réussi le tour de force faire chanter ensemble des ados dans une langue très éloignée de celle de leurs parents .

Je n’avais pas prévu ni de photographier ni de filmer, mais je n’ai pas résister, tant ce moment était fort.

Ils chantent et derrière eux sur les murs de cette ancienne école primaire, dans le Mémorial, les photographies et identités de 4400 enfants du Vel d’hiv (juifs ou étrangers) morts dans les camps .

Et deux minutes de bonheur que je vous fais partager.

Autre moment fort que je n’ai pas filmé, les jeunes de l’Ecole de musique de Saran jouant et chantant en français « la chanson d’exil » dont les paroles résonnent dans notre actualité  :

Cet air yiddish si doux si lancinant
Je l’ai joué sur mon violon d’enfant
La mélodie qui a fait pleurer mes parents
Parle d’exil, de la vie d’émigrant
Il a suivi dans leur triste voyage
Tous ceux chassés de pogroms en villages
Qui s’enfuyaient de Varsovie, de Berlin, Pour venir vivre libre à Paris.
On a tué devant le Sans-Souci
L’indifférence a remplacé les cris
Dans l’abondance et dans l’oubli
Ce très vieil air, si doux si lancinant,

Je l’ai joué sur mon violon d’enfant

La mélodie qui a fait pleurer mes parents

Parle d’exil, de vie d’émigrant

J’ai devant moi, Elsa, ton beau visage

Qui fredonnait pour un dernier voyage

Ce vieil air plein de nostalgie, de larmes, de regrets

Que je jouais sur mon violon d’enfant.

 Musique du Monde.

Guillaume Dettmar enseigne au Conservatoire, les musiques du Monde et tout naturellement avec ses élèves il nous propose  plusieurs musiques traditionnelles.

…du Mali (extrait)

…de Hongrie (extrait)

Le concert s’est terminé sur une danse traditionnelle libanaise .

Merci au Cercil et bravo pour les enseignants qui ont si bien réussi à motiver leurs élèves pour jouer et chanter en chœur ces musiques. Une de nos plus belles Fête de la Musique.

 

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