Archive pour le mot-clef ‘Tunisie’

Les tunisiens réagissent au conservatisme

Lundi 20 février 2012

La révolution tunisienne se poursuit.

On aurait pu espérer que Ben Ali parti, les élections du 23 octobre passées, la Tunisie aurait poursuivi son évolution dans la démocratie.

Malheureusement les salafistes, les intégristes de l’Islam utilisant le triomphe de parti islamiste Ennahdha aux élections législatives ne cesse de prendre des initiatives conservatrices et d’un autre temps comme le port du nikab à l’université de Tunis, le mariage coutumier (mariage sans état civil) , l’emprisonnement du directeur de journal Attounissia qui avait publié des photos d’un footballeur en compagnie de sa compagne allemande qui a posé nue.

Toujours vendredi, les sfaxiens ont été 2000 à descendre dans la rue contre la venue du prédicateur égyptien Wajdi Ghénim qui prône la charia et qui ne se gêne pas à traiter de « laïques » les protestataires qui ont entonné l’hymme national tunisien et pour exprimer leur attachement inconditionnel à un état civil .

Heureusement toutes ces « initiatives » ou manifestation font l’objet de la réaction des  associations de « laïcs » comme les avocats ou le syndicat des journalistes.

Coup de chapeau à toutes ces personnes qui  « s’indignent » et réagissent régulièrement .

Dommage pour les amis, rencontrés lors de notre dernier séjour, qui faisaient confiance aux candidats islamistes parcequ’ils seraient « modérés ». Pour le moment les « modérés » et leurs alliés semblent  timides.

Vive la tolérance des tunisiens mais celle-ci a ses limites. Pour être complet, je pense aux milliers de travailleurs, cultivateurs et chômeurs pour lesquels malheureusement ces manifestations doivent être très éloignées de leurs préoccupations quotidiennes.

Pourqu'elles puissent longtemps être amies.

Pourqu'elles puissent longtemps être amies.

Les informations de ce billet sont reprises du site « Tunisie Numérique ».

Tunisie, la suite des élections

Lundi 14 novembre 2011

Les élections ont eu lieu le 23 octobre.

J’ai noté que les tunisiens ont voté à plus de 80%, bravo . Dommage que seulement 50% se sont inscrit…mais ça ne devait pas être simple de faire cette démarche individuelle pour des gens qui n’avaient pas l’habitude de voter. Pourtant j’ai bien aimé cet autocollant qui engageait ceux qui s’étaient fait inscrire.

Cet autocollant indique que la personne s'est inscrite sur la liste électorale.

Cet autocollant indique que la personne s'est inscrite sur la liste électorale.

Les résultats viennent d’être proclamés.

L’Assemblée Constituante qui doit siéger pour la première fois le 23 novembre sera composée ainsi.



L'assemblée Constituante (source l'observatoire ...)

L'assemblée Constituante (source "l'observatoire politique tunisien")

Le parti islamiste Ennadha a donc la majorité. Cette situation a fait réagir des intellectuels français.

J’ai interrogé quelques uns des amis rencontrés lors de notre séjour en Tunisie en septembre.

L’un d’eux se félicite de « la réussite » de Ennadha et souhaite que les occidentaux revoient leurs positions sur les islamistes, le terrorisme est le fait de quelques uns qui en ont fait leur « source de vie » à cause « de la mauvaise éducation, du chômage, de l’ absence des moyens de loisirs dans les différentes régions, de la pauvretéet de l’absence de la démocratie et la liberté d expression ».

Une autre m’écrit  » ne vous inquiétez pas, cette montée des islamistes ne changera rien au cours de notre vie quotidienne. » »…s’ils ne nous respectent pas, on leur dit de dégager ! »

Pour une autre, l’important est le développement de son association et la nécessité de répondre aux attentes de plus en plus importantes des gens.

Je vais continuer à suivre les débuts de cette jeune démocratie : le réglement intérieur de l’Assemblée, la nomination du Gouvernement de transition puis les grandes lois votées par les Constituants . Il sera intéressant de voir comment les droits de l’homme seront préservés dans une nation arabe.

Etudiantes de Sidi Bou Saïd, image forte de la Tunisie tolérante

Etudiantes de Sidi Bou Saïd, image forte de la Tunisie tolérante

Le développement économique de la Tunisie avec un emploi pour tous qui semble être la priorité actuelle sera-t-il au rendez vous malgré la crise financière mondiale ?

Tunisie, préparation des élections du 23 octobre, sur internet

Mardi 11 octobre 2011

Sur la « toile », une mine d’informations absentes des médias français.

Voilà quelques sites que je consulte pour comprendre les enjeux et avoir le maximum de données sur ces élections très importantes, car il s’agit d’élire les députés qui voteront la nouvelle constitution.

Lire : le blog du printemps arabe du journal Le Monde .

Un site tunisien de référence : Tunisienumerique.com

L’observatoire politique tunisien, un blog qui se propose de décrypter les programmes des partis politiques tunisiens.

Le site généraliste sur l’Afrique : Allafrica.com .

Un site tunisien indépendant : kapitalis.com

Pour y voir plus clair sur les partis qui présentent des listes :

Tableau récapitulatif des partis avec leurs "couleurs" c'est plus parlant pour nous.

Tableau récapitulatif des partis avec leurs "couleurs" c'est plus parlant pour nous.

Pour agrandir cette infographie cliquer sur cette vignette : coalitions

A ce jour, les sondages donnent  « Ennahdha » en tête.

A coté de ces partis existent de nombreuses listes indépendantes dont celles qui se sont regroupées dans « Doustourna » qui présentent un projet de constitution basée principalement sur la laïcité et qui n’a d’autre ambition que de construire la dite Constitution. Elles proposent aux internautes de réagir par « j’aime » ou « j’aime pas »  à ses propositions. Voir aussi le billet du blog « Printemps arabe » du journal Le Monde.

.

Tunisie, préparation des élections du 23 octobre, les médias

Samedi 8 octobre 2011

Je viens de trouver sur le site de l’Agence Tunis Afrique Presse, un document « Guide du journaliste » pour les élections.

Etonnant, l’Etat se permet d’éditer un guide bi-langue pour indiquer aux médias comment informer pendant les élections.

Dans le  préambule je lis :

« Le rendez-vous du 23 octobre pour l’élection de l’Assemblée
Constituante est un tournant important dans l’histoire de la
Tunisie moderne, qui a éclairé la voie de l’émancipation du
despotisme et a opté pour la démocratie et la rupture avec le
pouvoir personnel.
C’est aussi une occasion pour le journaliste tunisien pour
jouer un nouveau rôle à la faveur de la première élection libre
et pluraliste dans le monde arabe.
Ce rôle honore la presse tunisienne, qui est demeurée enchaînée
des décennies durant, la propulse sur les devants de l’actualité
et la met en face de défis qu’elle se doit de relever. Car il n’y
a pas de démocratie sans une information libre, indépendante et
plurielle. »

Parmi les rédacteurs de ce guide il y a la Ligue des droits de l’homme. RSF est pris en référence.

Cette initiative montre bien que la démocratie passe aussi par les médias.

Ca vaut le coup de donner un coup d’oeil sur ce document téléchargeable.

Couverture en français

Couverture en français

Deuxieme page

Deuxieme page

Retour de Tunisie, nos hôtes à Matmata, Sfax et Sousse.

Dimanche 25 septembre 2011

A Matmata

Cette région est touristique ; les nombreuses excursions qui partent de Djerba et se dirigent vers le désert tunisien, passent par Matmata. Cette région est caractérisée par son habitat plutôt troglodytes. La géologie facilite le percement de la roche tendre. Plusieurs films ont été tournés dans cette région.

Vue générale de Diar Amor

Vue générale de Diar Amor

Notre gîte s’appelle « Diar Amor », il est la propriété de Faisal . Faisal habite à Gabès, à 40 km de là sur la côte. Il nous accueille et nous fait visiter ses chambres creusées dans la roche. Nous choisissons notre « grotte »…

Notre chambre

Notre chambre

Nous visitons également son musée dont il est très fier !

Une partie du musée

Une partie du musée

Jamel au bar du Diar Amor

Jamel au bar du Diar Amor

Le soir Jamel, le gardien de l’hôtel, nous prépare un bon repas et nous faisons sa connaissance. Jamel et sa famille habite la maison d’à coté, une vrai demeure troglodyte. Le lendemain matin nous faisons connaissance de cette famille très attachante. Salia nous a fait visiter en détail sa maison. Jamel habite là depuis plusieurs générations. Leurs enfants Mohamed Ali et Mohaned sont magnifiques. Salia nous informe fièrement qu’elle a joué l’année dernière, dans un film italien tourné dans les lieux. Il s’agit d’une vie de Ste Marie.

L'entrée de la maison de Jamel et Salia.

L'entrée de la maison de Jamel et Salia.

La famille au complet dans la cour ou patio à ciel ouvert au centre de la maison.

La famille au complet dans la cour ou patio à ciel ouvert au centre de la maison.

La cour centrale un lieu de rencontre...

La cour centrale un lieu de rencontre…

La chambre des enfants

La chambre des enfants

La chambre des parents

La chambre des parents

La cuisine

La cuisine

Dans la cour, l'accès au grenier

Dans la cour, l'accès au grenier

A Sfax

Nous sommes chez Salma. Elle nous attendait en début d’après midi pour nous faire visiter sa ville mais ne voulant pas la déranger nous avons accompli cette visite seuls.

Salma nous accueille dans sa grande maison, construite il y a quelques années dans la banlieue de Sfax. En entrant dans ces grandes maisons tunisiennes nous sommes toujours ébahis par la recherche architecturale extérieure et intérieure. Les plafonds sont très hauts, les mezzanines omniprésentes prouvent qu’il ne faut pas chauffer beaucoup dans ces régions …

Salma est devenue une professionnelle de l’accueil ; brochure de présentation, cadeau complètent le luxe de la chambre et de la salle de bain. Et en plus Salma est une cuisinière avertie, ses plats sont exceptionnels. D’ailleurs elle organise des séjours à thème comme la cuisine tunisienne.

Un des plats exceptionnels de Salma, les calamars farcis...

Un des plats exceptionnels de Salma, les calamars farcis…

Filets de soles préparés par Salma...

Filets de soles préparés par Salma…

Son mari Afed s’occupe entre autres activités d’organiser des événements à Sfax, il travaille beaucoup avec les Jeunes Chambres Economiques européennes. N’hésitez pas à le contacter si vous voulez organiser un congrès ou un séminaire en Tunisie ! Ca ne l’empêche pas de prendre du temps pour nous faire visiter la médina et nous accompagner jusqu’au café Le Diwan prendre un thé.

Le jacquet est un jeu traditionnel tunisien

Le jacquet est un jeu traditionnel que l'on joue au Diwan

Nous avons beaucoup apprécié l’esprit de famille de Salma, elle trouvait normal de nous inviter aux fiançailles de leur nièce et pour Reza et Lilia leurs enfants de nous y accompagner.

Il paraît que Salma tient la meilleure maison d’hôte de Tunisie…je ne peux que confirmer cette réputation.

Salma et son mari Afed devant chez eux

Salma et son mari Afed devant chez eux

A Sousse

Omar nous avait proposé au choix deux lieux d’hébergement, chez lui en famille ou dans la maison typique de la médina de Sousse qu’il vient de restaurer.

Nous avons pu apprécier les deux , un soir dans la médina, le lendemain dans la banlieue avec sa famille parce que nous avons expliqué notre intérêt à partager la vie familiale des gens rencontrés.

Omar dans l'entrée de sa maison traditionnelle de la médina de Sousse.

Omar dans l'entrée de sa maison traditionnelle de la médina de Sousse.

Rapidement Omar nous a préparé un menu simple et bon.

Rapidement Omar nous a préparé un menu simple et bon.

Omar se lance dans la location et l’accueil de touristes. Il est un professionnel du tourisme puisque depuis de nombreuses années il est guide multi-langues. Il connaît particulièrement le Maroc et l’Espagne.

Son épouse Naziha travaille dans un golf au nord de Sousse. Leurs deux enfants en bas âge sont confiés à des parents. Nous avons été bleuffé par le courage de cette jeune femme qui, après son travail, a dû préparer le diner et le petit déjeuner de ces deux touristes invités par son mari.

La famille d'Omar

La famille d'Omar

Les bricks préparées par Naziha.

Les bricks préparées par Naziha.

Notre chambre chez Naziha et Omar

Notre chambre chez Naziha et Omar

J’espère beaucoup que leurs projets touristiques aboutiront quand les touristes reviendront en Tunisie comme avant la Révolution.

Retour de Tunisie, nos hôtes à Carthage, Bizerte et Kairouan.

Vendredi 23 septembre 2011

Notre voyage s’est effectué grâce à l’Association Tunisie chez l’habitant. Association est gérée bénévolement à partir d’Issy les Moulineaux . Monia nous a proposé des adresses sur le parcours que nous avions choisi. A nous de donner notre accord sur l’hôte et sa maison décrits sur Internet . Le paiement s’effectue directement lors de la visite sur place au tarif annonçé par l’Association. A noter que les « arhes » demandés avant le départ servent à la gestion (téléphone, déplacement) et à financer des actions en Tunisie, par exemple, payer les fournitures scolaires pour des familles du nord de la Tunisie. Voir le site .

A Carthage

Nous avons été accueilli dans une magnifique maison, avec chambre et salle de bain privé. Notre hôte est retraité de la Fonction Publique. Compte tenu de notre arrivée tardive nous n’avons pu apprécier le diner préparé par son épouse. Il hébergeait en même temps que nous un couple ; au petit déjeuner nous n’avons pas manqué de lui poser de nombreuses questions, nous arrivions en Tunisie ! Il nous a démontré combien il était attaché aux droits de l’homme et aux nouveaux droits d’expression , « on n’est plus obligé de lire en cachette le livre de Florence Beaugé « La Tunisie de Ben Ali, miracle ou mirage » ; Florence Beaugé était  journaliste du « Monde »,  elle a été expulsée en 2009, elle dénonçait le système de la famille Ben Ali . En janvier 2011, juste avant le départ du président déchu, c’est Isabelle Mandraud, journaliste au 3monde » qui a été expulsée aussi !

Le lendemain c’est notre hôte carthaginois,  qui nous a accompagné pour la location de la voiture et l’achat d’un téléphone portable permettant d’appeler moins cher sur le territoire tunisien ?

la terrasse

la terrasse

Dans le jardin

Dans le jardin

A Bizerte

Accueil d’André, un retraité français qui est là depuis 6 ans dans une magnifique maison sur les hauteurs de Bizerte avec une vue imprenable sur le cap Blanc.

André comme de plus en plus de français, prend sa retraite au soleil de Tunisie. Il a choisi ce lieu, là où l’eau de la mer est la plus claire. Le cap Blanc est le cap extrème de l’Afrique d’après les géographes.

André avec ses amis joggeurs de Bizerte voudraient éduquer les jeunes à la propreté des lieux en organisant des ramassages de détritus en plein horaires d’affluence « pour mettre les gens devant leur responsabilité ». Il est vrai que ça choque ces plastiques, ces vieux papiers, ses bouteilles laissés sur place dans des lieux pourtant magnifiques. André déplore également les constructions anarchiques sans plan d’urbanisme, qui détériorent les paysages de cette côte escarpées. De plus les gens construisent au mépris des éboulements ou autres glissements de terrain.

André et Mabrouka son épouse

André et Mabrouka son épouse

Plat préparé par Mabrouka épouse d'Alain.

Plat préparé par Mabrouka épouse d'André.

Alain nous a emmené voir les cimetière national des 400 martyrs. 400 soldats de la jeune armée de Bourguiba massacrés par l'armée françaises en 1963.

André nous a emmené voir le cimetière des 400 martyrs. Dernier épisode de l'indépendance, 400 soldats de la jeune et nouvelle armée de Bourguiba sont massacrés inutilement par l'armée française.

Une curiosité, l'église arménienne de Bizerte.

Une curiosité, l'église arménienne de Bizerte.

A Kairouan

Monia nous a préparé un studio dans la grande maison que lui ont laissée ses parents. Elle y habite seule au rez de chaussée. Monia ne nous connait pas mais d’emblée elle nous considère comme des amis.

Elle nous parle de ses projets, la création d’une association pour soutenir les parents (comme elle) d’enfants autistes. Elle nous montre son CV très détaillé sur son ordinateur, nous pouvons voir toutes ses actions de vulgarisation agricole (elle est agronome) en direction des femmes principalement . Elle nous expose pourquoi elle s’est engagée  dans la révolution (voir le billet « Révolution »).

Monia nous accueille chez elle.

Monia nous accueille .

Nous parlons des droits de la femme et son attachement à ce statut exceptionnel . Elle en profite pour nous informer que Bourguiba,  pour instaurer la liberté de la femme en Tunisie, s’est appuyé sur le contrat  Kairouanné. En effet depuis le 9ème siècle,  le droit de la femme est reconnu comme option dans les contrats de mariage des grandes familles de Kairouan.

Elle nous emmène aux fiançailles de son voisin, Chokri. Inoubliable ce moment très cérémonieux où la famille de la fiancée accueille en grande pompe et selon la tradition la famille du fiancé. L’accueil chaleureux de ces familles nous étonnent , il est vrai que nous sommes devenus les amis français de Monia….

Le fiancée Chokri, passe la bague aux doigts de Zohra. A partir de ce jour ils pourront montrer leur amour en public

Le fiancée Chokri, passe la bague aux doigts de Zohra. A partir de ce jour ils pourront montrer leur amour en public

Colette "l'invitée" française à l'honneur de danser avec une parente des fiancées.

Colette "l'invitée" française à l'honneur de danser avec une parente des fiancées.

Le lendemain elle nous accompagne dans les ruelles de la médina de Kairouan, cette ville qu’elle aime au dessus de tout. Elle nous fait connaître un ami,  le directeur du patrimoine de la région qui a sûrement fort à faire pour préserver cette capitale du monde arable  . Et pour que nous revenons la voir elle nous fait boire de l’eau du Bir Routa qui communiquerait avec zam zam l’eau sacrée de La Mecque.

Monia en discussion avec le Directeur du Patrimoine de Kairouan.

Monia en discussion avec le Directeur du Patrimoine de Kairouan.

Retour de Tunisie, la Révolution !

Mardi 20 septembre 2011

Nous sommes allés en Tunisie, parce que la révolution du jasmin avait eu lieu. Plus précisément d’abord nous pensons que les touristes ne devaient pas avoir peur de revenir dans ce pays , puis dialoguer avec « des gens qui venaient de faire la révolution » était intêressant … et enfin je pensais qu’il n’y aurait pas la présence policière qui m’avait scandalisée lors d’un court séjour en 2003.

Ce que nous avons entendu :

Spontanément les personnes rencontrées, nos hôtes comme les gens de la rue nous parlaient de la révolution avec dans la majorité des cas une certaine fierté d’avoir « dégagé le voleur » en parlant de la famille Ben Ali. Ce qui est dominant est le sentiment assez nationaliste, d’avoir  » un pays riche et nous ne pouvoir en bénéficier ».

L’après la révolution est ressentie comme l’anarchie :  » faites attention aux voleurs », « on ne respecte plus rien », les règlements d’urbanisme ne sont plus appliqués », « la ville est sale car les nouveaux responsables municipaux n’y connaissent rien »…. Dans ces propos je pense que c’est la période de transition qui est pesante, plus qu’un regret de l’ère Ben Ali. Néanmoins plusieurs de nos interlocuteurs se sont félicités du changement d’attitude de la police « moins de bakchich », « moins omniprésente dans la vie intellectuelle ». Monia venait de créer librement son association de parents d’autistes, ce que on lui refusait arbitrairement avant. J’ai ressenti une liberté de faire des projets.

Monia

Monia

Concernant les 25000 tunisiens qui ont pris la mer pour s’échouer sur les trottoirs de Paris au printemps, nos interlocuteurs sont sévères, « ce sont des voyous , sans diplôme, certains travaillaient en Libye. » « Ils reviennent maintenant ».

Ce que nous avons vu :

Pas de changement notable dans le fonctionnement du pays, beaucoup de travaux de construction, des chantiers de route, la rentrée du 15 septembre, l’aéroport, le trafic portuaire, etc…), à noter que nos interlocuteurs sont fiers de cela : « une révolution sans chaos et même on est capable d’accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés libyens ».

Les seuls « restes » que nous avons vus, sont : un barrage de route nationale avec une voiture brûlée encore fumante dans un village au nord de Gafsa, les frises de barbelés, des militaires et leurs véhicules autour des bâtiments publics de Tunis, des bâtiments incendiés dans plusieurs petites villes, probablement les permanences du parti unique comme celui de Tunis.

Sur l'avenue Mohamed V les grilles du siège centrale du RCD.

Sur l'avenue Mohamed V les grilles du siège centrale du RCD.

Le siège centarle du RCD, l'immeuble le plus haut du quartier ...

Le siège central du RCD, parti de ben Ali, l'immeuble le plus haut du quartier …

Les frises de barbelés entourent les baiments publics sans géner plus les passants

Les frises de barbelés entourent les baiments publics sans géner plus les passants

Au fond, le début de l'avenue Bourguiba, la place s'appelle "Place du 14 janvier 2011"

Au fond, le début de l'avenue Bourguiba, la place s'appelle "Place du 14 janvier 2011"

Et maintenant :

Les élections du 23 octobre pour l’élection d’une assemblée constituante vont être un moment important dans la suite de la Révolution. En ce moment les partis présentent leurs programmes, signent des accord pour créer des coalitions et préparent leurs listes régionales. La Tunisie est divisée en plusieurs circonscriptions qui doivent élire un nombre précis de députés (celle de Kairouan 9 sièges par exemple). Les positions doivent donc être régionales et nationales.

Le gros problème est l’apprentissage de la démocratie ; à la télévision un clip explique la composition et le fonctionnement des institutions. J’ai lu dans la presse qu’un partenariat avec l’UNICEF va aider à la formation citoyenne des enfants. Un fait inquiète les gens , le peu d’inscrits sur les listes électorales, à peine 50%, il semblerait qu’un rattrapage sur Internet serait possible. Mais nous avons entendus souvent « il vous a fallu combien de decennies pour faire la démocratie après votre Révolution de 89, nous aussi il nous faudra du temps… ». Se situer pour voter est d’autant plus difficile que le nombre de partis étaient de 104, il semblerait que des regroupement sont en cours, et puis dans les listes régionales sont plus réduites. Compte tenu de la complexité des discours de chaque parti à la télévision, les votes se feront sur la capacité des candidats à être connus localement. C’est pourquoi Monia qui devait se présenter à Kairouan faisait une campagne de proximité dynamique.

Cet autocollant indique que la personne s'est inscrite sur la liste électorale.

Cet autocollant indique que la personne s'est inscrite sur la liste électorale.

Les résultats :

La composition de l’Assemblée Constituante est fondamentale pour la suite de la Révolution car il s’agit de construire une nouvelle constitution.

Une éventuelle majorité du parti islamiste est dans toutes les bouches .

Il y a les optimistes « ils n’obtiendront pas plus de 20% des suffrages », notre pays est trop laïc et les gens ne se feront pas berner par leur discours actuel très rassurant.

Il y a les pessimistes qui prédisent un score majoritaire compte tenu du peu de votants potentiels et de la tendance religieuse des campagnes.

Il y a les rassurants : « le parti islamiste sera modéré comme en Turquie…et ce qui est important c’est de pouvoir vivre sa religion librement. »

Les femmes semblent n’être pas prête à se laisser reprendre les droits acquis.

De nombreux livres sur l'Islam dans cette grande librairie de l'Av. H. Bourguiba.

De nombreux livres sur l'Islam dans cette grande librairie de l'Av. H. Bourguiba.

Affiche politique dans un village

Affiche politique dans un village

Un nombre impressionnant de journaux, ici en Français, se vendent dans les kiosques de Tunis. Les articles de politiques intérieurs sont très nombreux.

Un nombre impressionnant de journaux, ici en Français, se vendent dans les kiosques de Tunis. Les articles de politiques intérieurs sont très nombreux.

Cette rencontre avec une partie du peuple de Tunisie, nous rapproche un peu plus d’eux et nous allons suivre avec attention (grâce aux contacts que nous avons noués) la suite des événements. Pour ma part je souhaite que ce courageux pays nous bleuffe  dans la démocratie ( par exemple que le quota 50% femmes , 50% hommes sur les listes de candidats soit respecté) .

Retour de Tunisie, notre route à travers les paysages

Dimanche 18 septembre 2011

Nous venons de parcourir près de 1500 kilomètres.
Notre voiture Renault Symbol, prêtée par la société de location Clicars, avait 11100 km au compteur. Impeccable ! La clim était très efficace car nous roulions le plus souvent entre 11h et 15h, les heures les plus chaudes, environ 40°.

Notre parcours, Carthage, Bizerte, Kairouan, Tozeur, Matmata, Gabès, Sfax, Sousse, Tunis.

Notre parcours, Carthage, Bizerte, Kairouan, Tozeur, Matmata, Gabès, Sfax, Sousse, Tunis.

Nous avons traversé des zones urbaines, Tunis interminable, Sfax la ville portuaire avec ses énormes camions porte-contenairs ou le long train de phosphate, la campagne de Korba avec son vignoble ou les champs de légumes de Sidi Bouzid, la plage de La Marsa, le désert, le lac salé le shott Jérid, les routes sinueuses pour visiter les oasis de montagnes.

Après Korba, la vigne prend la place des oliviers.

Après Korba, la vigne prend la place des oliviers.Attention passage de dromadaires !

Un vrai passage de dromadaires après Douz

Un vrai passage de dromadaires après Douz

La route est sinueuses à travers la montagne ponctuée d'oasis, région de Tamerza

La route est sinueuses à travers la montagne ponctuée d'oasis, région de Tamerza

Et dans l'oasis, les merveilles cascades de l'eau qui descend des montagnes.

Et dans l'oasis, les merveilles cascades de l'eau qui descend des montagnes.

Plus à l'est la montagne cachent les troglodytes de Matmata .

Plus à l'est la montagne cachent les troglodytes de Matmata .

Après Sousse, nous restons interloqués devant l'urbanisation des zones dites "touristiques" où immeubles de locations et immenses hôtels longent la route .

Après Sousse, nous restons interloqués devant l'urbanisation des zones dites "touristiques" où immeubles de locations et immenses hôtels longent la route .

Sur la mer, les cars-ferry (2 euros pour un passage d’un heure avec sa la voiture) vont de Sfax aux Iles de Kerkenah. Ils sont très populaires et   leurs rotations entre le continent et les îles  emmènent camions, touristes et écoliers.

Embarqués sur le cars-ferry.

Embarqués sur le cars-ferry.

Nous avons de temps en temps laissé nos quatre roues pour les médinas, au coeur de la ville, pour  les canyons des oasis ou les esplanades des bords  de mer.

Dans la médina de Kairouan

Dans la médina de Kairouan

Dans la Médina de Tunis

Dans la Médina de Tunis

Dans le grand canyon de Tamerza

Dans le grand canyon de Tamerza

Dans les rues d'Hergla, au nord de Sousse, loin des hôtels

Dans les rues d'Hergla, au nord de Sousse, loin des hôtels

L'esplanade de La Marsa

L'esplanade de La Marsa