Sur ce onzième billet, nous  « ne verrons pas le jour », non que nous avons été débordé, mais tout simplement parce qu’en novembre la nuit tombe vite, vers 17h en Iran.  Souvent nos visites ou balades se sont déroulé la nuit, du moins au crépuscule. Ces heures de la journée donnent des spectacles majestueux. Malgré les déconvenues de musées allant fermer, nous avons profité des splendides illuminations sur lesquelles les autorités culturelle ne lésinent pas.

Vu du ciel

Des autoroutes éclairés sur des centaines de kilomètres, des villes illuminées comme chez nous au moment des fêtes de fin d’année, des magasins claires comme en plein jour, vu d’avion, la nuit iranienne c’est une multitude de points lumineux de deux couleurs principales le blanc et le jaune. Parfois de grands rectangles lumineux excitent notre imagination : prison, usine super surveillée, camp militaire, entrepôt. A terre tout est plus simple, l’Iran est une nation riche en énergie électrique et elle s’en sert pour le bien être des iraniens.

Téhéran illuminée

La tour Azadi ( la liberté) de 45 m de haut achevée en 1971 pour les fêtes de 2500e anniversaire de la monarchie. Elle a été construite par un jeune architecte de 24 ans.

Ci dessous une galerie de peintures vue dans le sous-sol de la Tour Azadi, transformé en Centre Culturel. Merci de traduire ce texte de présentation des peintures.

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Ispahan, crépuscule sur la Place Royale

Place Royale et la Mosquée de l’Imam

Coté oriental de la place Royale, la mosquée du Cheikh Lotfollah

Dôme de la Mosquée du Cheikh Lotfollah, celui qui change de couleur en fonction du soleil…

Ispahan, le pont à Trente trois arches

Nous cherchions le fameux pont d’Ispahan et nous sommes tombés sur le « Si-o-se pol » ou Pont aux trente trois arches. Ce pont a été construit en 1600. Nous avons parcouru ses 295 m de long . Et nous avons été charmé…Sous une arche un jeune garçon chantait. On aurait dit qu’il honorait ce fleuve, le « Zayandeh roun » et le suppliait de s’écouler de nouveau. En cette saison beaucoup de cours d’eau sont à sec, le grand drame des iraniens, la pénurie d’eau dû au réchauffement climatique.

 

Yazd, la lumière dans le désert

 

Des tours à vent séculaires pour la climatisation de cet hôtel restauré

 

La Mosquée , comme un phare dans la nuit de Kahsan

Mosquée Agha Bozorg

Une des maisons privées

Shiraz, la douceur du soir

Dans le Jardin du Paradis

Auprès du Mausolée de Hafez (voir aussi sur billet Iran 3)

Nos nuits privées

Il y a eu la première nuit dans le train auto-couchettes Téhéran-Chiraz

Coucher de soleil vu du train

 

Et nos chambres  dans les hôtels de luxe et de charme des vielles villes iraniennes où nous nous avons fait escale. Ces hébergements ont été tous superbement restaurés. Dans les décorations les architectes ont recherché les fastes d’antan, ces lieux où se retrouvaient les voyageurs des siècles derniers ou les invités des grands commerçants.

Notre chambre à Yazd, Hôtel Meir

A Kashan, Negin Hotel

Dernier coucher de soleil iranien

Le soleil brille de ses derniers feux, sur Qom, symbole …

Demain nous serons dans l’avion pour le retour vers la France, avec dans la tête plein d’images et de rencontres. Avec l’espoir de les revoir comme chaque fois que l’on rencontre une personne attachante.

17. décembre 2017 · 1 commentaire · Catégories: Voyages · Tags:

Attention ! Leila existe d’abord dans mon imagination !

Lettre de Leila à Jeanne

Yazd, novembre 2017

Comme promis je t’envoie cette lettre pour te raconter notre dernière sortie de classe. Cette année nous étudions en histoire les religions en Iran. Nous en sommes à l’histoire du Zoroastrisme, la plus ancienne religion du pays, 1000 ans avant JC. Nous avons fait une recherche  dans les livres de la bibliothèque.

Déjà le symbole du zoroastrisme, le Farvahar sur le site de Persépolis.

Notre professeure nous a emmené  dans trois lieux importants de cette religion.

D’abord au Temple du feu dans le centre de la ville de Yazd, puis au cimetière et enfin à Chak Chak lieu de pèlerinage.

Le zoroastrisme depuis 1000 avant J.C.

Il y a peut être dans notre classe un ou une zoroastrienne, ce ne serait pas étonnant car dans la ville il y  aurait 10000 fidèles sur 25000 dans tout l’Iran. Yazd est la ville en Iran qui compte le plus de ces adeptes.

Entre le XIII et le XX ème siècle,  la plupart des zoroastriens se sont réfugiés en Inde poussés au départ par le flux de l’Islam. Pourtant cette religion est même devenue religion d’Etat, au III ème siècle avant JC. On dit même qu’un des Rois mages de la crèche de Jésus était disciple de Zarathoustra et que c’est sa science, l’astrologie, qui l’a guidé pour honorer le Christ à sa naissance.

La particularité de cette religion est qu’elle basée sur le monothéisme comme les religions qui ont suivi le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Nous sommes allés visiter le Temple du feu construit en 1940 à Yazd .

Le Temple du Feu à Yazd

Le symbole du Dieu Ahura Mazda, en faïences bleues et jaunes. Ce symbole, appelé Farvahar , l’homme-oiseau représente dans de nombreux détails toutes les valeurs véhiculées par le Dieu.

A l’intérieur du Temple, il y a une vitrine derrière laquelle on voit un récipient dans lequel une flamme est honorée. Les zoroastriens conservent ce feu depuis 1527 ans à Shiraz puis à Yazd depuis 1940. Ils disent qu’entretenir le feu est primordial car le feu serait fils de Ahura Mazda. Ce feu est associé à tous les rites de la naissance à la mort.

La flamme visible derrière une vitre.

Un fidèle se fait prendre en photo avec son enfant, devant Zarathoustra, le prophète qui a annoncé l’existence du Dieu Ahura Mazda. Ce prophète est né en Afganistan  650 avant JC jusqu’à l’âge de 74 ans assassiné par un fanatique.

A coté de ce Temple, un musée présente la religion, il faut lire les panneaux c’est un peu fastidieux… Heureusement il y a les mannequins habillés traditionnellement et surtout les tables remplies de produits de la nature avec lesquels les zoroastriens aiment accompagner leurs fêtes ou cérémonies.

5 prières pour 5 périodes de la journée…

Les tours du silence

Deuxième étape, la banlieue de la ville. Quel étonnement ! c’est presque le désert et deux hautes collines en jaillissent. Les touristes parcourent  l’immense terre plein et s’engagent dans l’escalier pour l’ascension d’une des collines.

Ces tours du silence étaient destinées à faire reposer les corps des morts zoroastriens. Les cadavres étaient portés par des prêtres au sommet de la tour et y étaient déchirés par les vautours. Les restes étaient versés dans des fosses. Cette coutume évitait que les cadavres souillent la terre. Depuis 1978, les morts sont enterrés dans des caveaux de ciment dans un cimetière voisin.

Sommet de la tour fait de pierre pour y exposer les cadavres aux vautours.

Nouveau cimetière

Heureux sera celui qui est à la recherche du bonheur des autres

Pour continuer notre découverte de la religion zoroastrienne, nous nous sommes dirigés dans la montagne pour visiter le plus haut lieu de leur pèlerinage  Nous avons parcouru 50 km depuis Yazd. Après une demi heure de bus par une route sinueuse nous sommes arrivés au pieds du petit village de Pir-é Sabz.

Il nous a fallu encore une demi-heure à pieds pour accéder au refuge lieu de pèlerinage.

Intérieur du Temple avec les emplacements pour les bâtons d’encens. Au fond le feu…

Des portraits de Zarathoustra et des textes du Livre Saint, l’Avesta.

Ce temple est taillé dans la montagne. Une fois par an, pendant 5 jours et cinq nuits les zoroastriens se regroupent dans une cérémonie de prière pour honorer la princesse Nick Banou. La fille du roi Yazdegard se serait réfugiée là après l’assassinat de son père et l’invasion arabe au VII siècle. La légende dit que la montagne s’est refermée et qu’un gigantesque arbre a jailli accompagné d’une source, c’est pourquoi ce lieu est appelé Tchak Tchack . Je n’ai pas entendu ces gouttes d’eau mais il y a des robinets !

L’arbre miraculeux toujours là…

L’ambiance de ce lieu  m’a paru sympathique ;  ça change de l’atmosphère silencieux des salles de prière des mosquée chiites, surtout dans les périodes traditionnelles de deuil . Ce n’est pas étonnant car les zoroastriens croient en des valeurs  heureuses. Comme on peut le lire dans une des inscriptions qui tapissent ce lieu de pèlerinage : « Heureux sera celui qui est à la recherche du bonheur des autres » Extrait du  Livre Saint Yasna 30, ligne 1.

Sur la première photo du Temple (ci-dessus) et sur d’autres, tu as surement remarqué que les femmes s’habillent de façon colorée.

Dans cette religion il n’y a pas d’interdit pour la musique et le chant. En redescendant dans le village nous avons entendu des garçons qui chantaient avec un groupe de français, malheureusement notre professeure n’a pas voulu que nous nous y arrêtions …(voit quand même la vidéo ci-dessous).

Je suis heureuse d’avoir découverte cette très vieille religion, j’ai l’impression que l’on s’y amuse bien ! J’ai même lu que nous les filles, nous y sommes à égalité avec les hommes. En plus depuis une dizaine d’années des femmes sont nommées prêtresses.

Alors peut être que pour l’avenir de la société iranienne, il serait bon que cette religion de bonheur et d’amour pour les autres soit plus reconnue. J’ai lu qu’un seul député, Dr Esfandiar Ekhtiari , représente cette minorité religieuse au Parlement  iranien.

Rien d’étonnant que Maurice Béjart le grand danseur et chorégraphe européen ait intitulé un de ses ballets « Zarathoustra, le chant de la danse ».

 

 

 

Grâce au programme de notre séjour en Iran, consacré prioritairement à « Comprendre et Rencontrer » de l‘Agence Point Voyage, nous avons fait escale dans l’immense cour de la Mosquée de l’Imam à Ispahan. Nous y avons bénéficié d’une conférence donnée par un mollah.

La Mosquée du Shah ou de l’Imam

Ispahan La mosquée du Chah construite pour le souverain safavide Chah Abbas Ier entre 1612 et 1630. . Le bâtiment est également nommé Mosquée de l’Imam, en référence à Rouhollah Khomeini.

 

Vue de la Place Royale, longue de 500m sur 150m de large, la Mosquée a été construite dans la direction de La Mecque, son portail monumental qui se situe dans l’axe longitudinal de la place est donc légèrement décalé.

Le portail de la Mosquée du Shah ou de l’Imam.

La conférence

Un aménagement propice à la Communication entouré des madrasas.

En français, ce mollah qui avait séjourné dernièrement en France, nous a entretenu pendant près de trois quart d’heure ; nous étions à l’ombre, entouré par des monuments séculaires de la Mosquée datant du 17ème siècle. Des participants de notre groupe n’ont pas hésité à poser les « questions qui fâchent », ce qui ne semble pas avoir gêné notre interlocuteur qui a fait son job de communicant.

Comme il n’y avait pas de problème pour que je le filme… aussi je reprends ci dessous les thèmes abordés dans des courtes vidéos sans commentaire.

Être mollah

L’Islam source de conflit à cause des médias ?

Sur l’obligation du voile

 

Sur la politique ou laïcité et République Islamique

La Charia

La religion

L’interprétation du Coran…

Islam et territoire

La place des femmes en Iran

A l’intérieur , dans la salle de prières, sous le mihrab, on voit ici à droite la chaire ou minbar pour le prédicateur et la kiblah (fosse) pour l’imam qui dirige la pr!ère le dos tourné aux pratiquants.

Je l’ai rencontré aux portes du bazar de Kashan, un célèbre marché construit lors de la période seldjoukide puis safaride.

Le Grand Marché de Kashan

Intérieur du grand marché de Kashan

Puits de lumière du Timche-ye-Arnin à l’intérieur du grand marché.

Sortie du bazar

La rencontre

Nos regards se sont croisés, je me suis approché de lui ; en montrant mon appareil photo, je lui ai demandé de le photographier, avec un sourire complice il a accepté. Nous n’avons pas pu communiquer par la parole, dommage nous aurions eu tant de chose à se dire. Il aurait pu me dire comment il était devenu mollah iranien, quelle était son activité et son rôle dans la société. On aurait peut être pu échanger sur Dieu, sur la Paix. Dommage que nous habitons si loin et que nos cultures semblent si éloignées. Il a sûrement des sujets de préoccupations, des soucis familiaux, les deuils de ses frères  tués lors de la dernière guerre,  ses parents… Et puis  dans l’intimité de sa maison, nous aurait pu m’expliquer ses convictions politiques, peut être est-il quiétiste, c’est à dire de ceux qui sont réticents à l’exercice du pouvoir temporel par les religieux en opposition avec la doctrine de la Révolution Islamique, principalement depuis 1989.

Mon ami mollah

Le turban noir qu’il porte montre qu’il est descendant de la famille du prophète selon une généalogie apportée par ses parents.

Il utilise le bus, il ne bénéficie pas du privilège d’une voiture de fonction par exemple, il ne doit donc pas être juge ou haut fonctionnaire ou directeur d’un groupe industriel (voir ci-dessous les postes réservés aux religieux) .  il est monté dans son bus tranquillement,  sûrement pour rentrer dans sa famille, pour enseigner, pour diriger la prière car il est de toute façon imam.

Les mollahs sont détenteurs d’un diplôme de théologie. Les mollahs en Iran sont d’abord des érudits musulmans.  Ils ne sont pas tous ayatollah, le plus haut grade dans la hiérarchie chiite. Ces grades sont attribués par les universités islamiques et par coaptation.

Source « Le Monde Diplomatique »

Les ayatollah suprêmes

Les mollah de tous les jours

Il y en aurait plusieurs milliers en Iran.

Malgré le brouhaha de la grande cour du Mausolée de Qom, dans un endroit éloigné des passages des pèlerins, une confession…

Le mollah dans la mosquée de Kashan. Lors de la présentation de sa Mosquée, sa jeune femme vient le rejoindre.  Après nous l’avoir présenté comme une étudiante, il l’accompagnera avec un « bébé » affectueux.

 

Mollah pressé au Mausolée de Qom

Explication directe sur le rôle du mollah en Iran (extrait de la communication que nous a faite un mollah « officiel » dans la cour de la Mosquée de l’Imam à Ispahan).

Dans le prochain billet, plusieurs vidéos extraites de la conférence que nous a donné ce mollah.

 

Attention, Leila existe d’abord dans mon imagination

Lettre de Leila à Jeanne,

Chère Jeanne

Par cette lettre je viens te raconter notre journée du 9 novembre 2017 dans ma ville Yazd.

Ce jeudi 9 novembre était chez nous jour férié, tous les magasins de la ville étaient fermés. C’est un jour de fête car pour les chiites, c’est  la fin de la période  de deuil  pour Hossein, assassiné lors de la bataille de Kerbala en 680.

Pendant 40 jours à partir d’Achoura qui est le 10ème jour du mois musulman, Moharam ,  il y a eu des cérémonies et des processions dans les rues. C’est impressionnant de voir les hommes, une quarantaine, porter un énorme et lourd cercueil  qu’on appelle ici nakll .

Le nakl d’un quartier de Yazd

Affiche sur la bataille de Kerbala

Tous les commerçants ornent leurs magasins de bannières noires en l’honneur d’Hossein, partout dans les rues, sur les monuments , sur les mosquées des drapeaux noirs sont hissés. Pour clôturer cette période  il y a eu une commémoration à la Grande Mosquée Jame.

Préparation des repas

Ce jour est aussi celui du Partage. Dans la nuit, des cuisines ont été aménagées dans tous les quartiers pour préparer les repas qui ont été distribués gratuitement. Pour cela des bénévoles ont fait bouillir dans des grandes marmites, les pommes de terre, le riz, les haricots et le mouton.

Tout le monde peut aller se ravitailler dans des stands installés pour l’occasion. En même temps on offre aussi le yaourt traditionnel.

Dans la matinée les rues sont pleines de monde pour aller assister à un office à la mosquée.

Grande Mosquée Jame

Mes parents ont mis leurs plus beaux costumes, ma mère son tchador neuf, mon père s’est habillé de noir, comme le veut la tradition. J’aime bien sa chemise en soie qui fait très habillé . Mon grand frère comme tous les garçons s’était fait une coiffure moderne. Moi j’ai mis le tchador traditionnel. Plus »

04. décembre 2017 · 2 commentaires · Catégories: Voyages · Tags:

Je dédicace ce billet à ma petite fille Alma, passionnée de chevaux.

Darius

C’est Darius le Grand qui fonda Persépolis en 521 avant JC pour y installer la capitale de l’Empire achéménide, la Perse, qui s’étendait alors sur toute l’Asie Mineure du golfe persique à l’Inde. Il régna avec son fils Xerxès  jusqu’en 330 avant JC date où fut détruit le Palais par Alexandre le Grand.

La cité royale s’étendait sur 13 HA. Elle était constituée d’une immense terrasse de 14 m de hauteur. Des montagnes de 2580 m d’altitude dominait ce complexe grandiose.

Montage réalisé à partir de la maquette placée à l’accueil du site

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Porte des Nations (22m)

Darius I

Les chevaux persans

Le cheval jouait un rôle culturel important dans l’ancienne perse. Il existait même la pratique de  l’hippomancie (divination par le cheval), qui perdura jusqu’à 220 ans après JC .Le cheval est considéré comme sacré.

Darius exploite cette croyance des Perses en l’hippomancie pour s’assurer de sa légitimité royale. Il est possible que Darius ait eu recours à cette ruse ou ait propagé cette histoire pour calmer son peuple, qui croyait fortement en l’hippomancie. C’est peut être pour cela que le cheval est si souvent gravé dans plusieurs bas reliefs de Persépolis.

A notre époque le cheval arabe persan est un petit cheval élevé par les nomades de la région . Il a été officiellement reconnu cheval du plateau persan par la Société iranienne du Cheval en 1978.

En parcourant ce site archéologique exceptionnel j’ai été particulièrement attiré par les représentations de chevaux gravées ou sculptées présentes dans les marbres des différents palais.

Vue d’ensemble des tombes de Darius 1, de Xerxès et de Antaxerxès à Naghsh-e Rostam à 5 km de Persépolis

Naghsh-e Rostam, près de Persépolis.  Au bas de la tombe de Darius : Victoire de Chapour 1er sur Valerian

Naghsh-e Rostam , près de la tombe de Xerxès I : Investiture d’Ardéchir 1et 226 après JC

 

Il a fallu attendre plus tard pour revoir le cheval représenté dans les peintures iraniennes. L’Art Islamique se limite aux reproductions de fleurs et plantes et jamais d’êtres vivants.

Peinture du XIXème siècle dans la Maison des Boroudjerd est une maison historique célèbre de Kashan La maison fut construite en 1857 pour la femme du riche marchand Haji Mehdi Boroudjerdui, comme cadeau de noces. La mariée était originaire de la famille des Tabatabai, pour qui Ustad Ali Maryam avait construit une maison quelques années plus tôt (la maison Tabatabaei).

Céramiques du XIX siècle dans la même maison

Après notre séjour à Yazd nous reprenons la route pour Varzaneh puis Ispahan. Nous sommes à 85 km au nord de Yazd au centre de l’Iran. Nous laissons la route principale pour entrer dans le village de Kharanaq. Ce dernier est constitué de deux villages l’un est surtout centré sur l’ancien caravansérail, l’autre est abandonné mais très touristique.

Des notre arrivée nous sommes attirés par ses maisons construites en briques sèches presque abandonnées. Notre guide, Majid, toujours prêt à nous faire rencontrer des gens, nous  entraine dans une maison qui semble habitée. C’est peut être un gîte sobrement rénové pour accueillir les  touristes . Il y a un petit jardin, du linge qui sèche. En entrant Majid appelle un éventuel occupant. Et nous sommes étonné de voir apparaître à la porte un homme âgé.

102 ans à Kharanaq

Très vite avec l’aide de notre guide, sur le pas de sa porte, nous faisons connaissance. Je ne sais pas si notre interlocuteur a l’habitude de visite comme la nôtre. Originaire du village, il nous explique que ses enfants sont partis à la ville car la vie est rude ici. Nous sommes à 1750m d’altitude et les hivers sont rigoureux. Il n’hésite pas à nous annoncer son âge, 102 ans. Son grand âge lui permet de promouvoir la vie à la campagne (manger nature, calme et grand air). Il parle aussi très facilement des bienfaits de l’amour et de la fidélité avec son épouse. Pour le moment nous n’avons pas vu son épouse ; il nous a précisé qu’elle a 10 ans moins que lui , mais où est-elle ? Pendant notre discussion elle s’est faite discrète en restant dans l’ombre au fond de la pièce. Quand nous nous quitterons il acceptera de poser avec elle.

Un village de plus de 1000 ans

Plus précisément le site est occupé par des hommes depuis 4000 ans.

Ce vieux village de l’époque sassanide n’a malheureusement pas survécu au temps, aux guerres et aux tremblements de terre.

Dans cette vallée, un des plus vieux pont d’Iran (40m de long et 1,5m de largeur) .

Pour des raisons qui restent encore inconnues, le village a été peu à peu abandonnée le laissant aujourd’hui à l’état de cité fantôme.

Des enfants s’amusent dans les ruines … Au fond la grande mosquée

En dessous du village, des paysans s’affairent, ici en Iran où le désert domine toute parcelle irrigable est cultivée.

Un caravansérail tous les 50 kilomètres sur la route de la soie

A l’époque kadjar ( 1796-1925 après JC) les caravanes de commerçants traversaient le désert. Ces refuges pour les personnes et les bêtes avaient une extrême importance dans ces régions désertiques. Ils étaient entourés de fortifications. Les paysans s’y installés également pour apporter nourritures et gîtes aux voyageurs.

Maintenant l’Etat iranien tente de restaurer le plus de ces caravansérails et de les transformer en hôtels pour les touristes. Celui de Kharanaq en est un exemple.

Des chambres de mieux en mieux restaurées pour les touristes

Le Mur d’Orléans vient de changer de décor. Les promoteurs Jean Michel Ouvry et Ludovic Bourreau ont invité MISSY à y installer son univers. C’est ainsi que vendredi et samedi dernier, 24 et 25 novembre 2017, le MUR de la rue Henri  Roy a accueilli sa première artiste femme, Missy.

Malheureusement je n’ai pas pu être disponible, entre deux averses de saison, pour filmer sa réalisation comme à mon habitude (voir sur ce blog « Arts urbains ». J’espère que Missy a eu beaucoup d’admiratrices et d’admirateurs, notamment des élèves d’un collège d’Orléans qui s’initient avec leur professeur d’arts plastiques, au street art .

Samedi matin j’ai eu la chance de ce magnifique sourire, que je vous fait partager.

Les premiers traits de vendredi matin

Vendredi après midi

Samedi midi

Samedi soir en lumière

Tout en délicatesse…

 

 

25. novembre 2017 · 1 commentaire · Catégories: Voyages · Tags:

Il ne s’agit pas des poètes Hafez (1326-1395), ou Saadi (1203-1283), ni d’une personnalité politique. Majid Zare,  est guide francophone, dans l’agence Pars Tourist Agency de Chiraz, il a été notre guide pendant tout le circuit que nous venons de réaliser en Iran, début novembre 2017 (voir mes précédents billets).

En dehors de la saison touristique, Majid exerce une autre profession. Il a fait des études pour devenir chimiste puis est retourné à l’Université pour un cursus dans l’ophtalmologie. On dit que Majid a appris le français avec TV5. Nous ne pouvons qu’admirer la précision de son langage en français. Son érudition est remarquable dans de nombreux domaines : historique, artistique, géographique, religieux et même cuisinier . Il n’hésite pas à demander de l’aide à des iraniens de passage pour répondre encore mieux à nos interrogations. S’il me lit, je m’excuse d’avoir manqué trop lors de ses explications  tant mon appareil photo m’occupait…. Nous avons souvent entendu « venez-voir ! » sa supplique pour nous regrouper autour de lui et puis après des « vous avez compris ? ».

Contrairement à beaucoup de guides professionnels Majid n’est jamais allé dans notre pays, il en rêve : « tous mes clients me parlent de la France, j’aimerai visiter Bordeaux…pour ses caves ! »

Cette photo résume bien la bonne humeur et le dynamisme permanent  de Majid , ici avec le chauffeur-propriétaire du bus

Majid est « de Chiraz »

Majid est très fier de sa ville . Il est vrai que cette grande ville de 1 million 700 000 habitants doit être attirante. C’est une ville universitaire pour 20 000 étudiants dans de nombreuses disciplines dont la médecine, les technologies de pointe et même la philosophie. De ce fait Chiraz du haut de ses 1500 m d’altitude respire la fraîcheur de la jeunesse. Plus »

Le tchador, pièce de tissu semi-circulaire ouverte sur le devant, est le vêtement traditionnel porté par les femmes en Iran . Il est la façon de respecter le code vestimentaire islamique, le hijab.

La position officielle sur le voile (extrait de la conférence donnée par un mollah dans la Mosquée de l’Imam à Ispahan)

Pourtant…la beauté

En novembre 2012 à Saint Brisson / Loire, un village du Val de Loire, Monsieur Chevalier (ci-dessous) présente lors de son Salon Européen d’Arts Contemporains, des peintures qui se font remarquer par tous les visiteurs, des huiles de Iman Maleki, un jeune peintre iranien vivant à Téhéran et considéré (sur Internet) comme « le plus grand peintre d’art réaliste au monde ». Monsieur Chevalier m’avait d’ailleurs expliquer sa difficulté à faire venir ces œuvres par colis spécial. Ces peintures m’avaient impressionné tant le foulard était magnifiquement porté.

5 ans après …

Un foulard sur toutes les têtes

Étonnant est ce pays, à la culture immense, qui sous prétexte de religion, impose à toutes les femmes, y compris les étrangères, de porter le foulard dans l’espace public.  Je comprends que les femmes très religieuses extériorisent leur piété en portant le voile, une des indications du Prophète. Mais que toutes les femmes même les non-pratiquantes voir les non-croyantes s’obligent à porter cet uniforme.  Une énigme pour moi ! La police des mœurs aurait-elle tant  de pouvoir. J’avais observé avec curiosité la rapidité avec laquelle les voyageuses se couvrent dès que les roues de l’avion ont touché la piste de l’aéroport.

Heureusement, très vite nous avons découvert que ce foulard objet de tant d’interrogations et de discussions entre nous, semblait être de plus en plus « un détail » dans la vie quotidienne de ces femmes.

J’ai le sentiment que nous sommes loin des schémas traditionnels occidentaux de femmes timides et surtout bloquées par la religion par le port  du voile. Au contraire la majorité des femmes dans la rue ne semblent pas gênées par ce foulard et même s’en accommodent. Je n’ai pratiquement jamais eu de refus de photographier. J’en ai conclu que la fierté persane l’emporte sur l’uniforme.

Les élégantes  cherchent à harmoniser les couleurs de leurs foulards,  les jeunes filles en sortie scolaire au musée portent leur foulard comme un uniforme ce que l’on retrouve dans beaucoup de pays, les serveuses comme un habit de travail, etc…

Peut être il y a pas de quoi faire un article sur ce sujet ? Oui pour nous qui avons passé 12 jours dans cet environnement, mais pour tous les amis (es) en France qui se « font un monde » du port du voile ça peut intéresser. Avis personnel !

Une militante écolo et son vélo électrique à Téhéran

Dans le lieu de pèlerinage zoroastrien de Chak Chak

A la campagne à Kharanaq

A Yazd, jour de fête de fin de deuil d’Hussein

Près du grand marché à Téhéran

Une élève dans une maison historique de Kashan

Au cimetière zoroastrien de Yazd

Les médecins en dépistage du diabète dans un immense centre commercial près de Qom

Une étrangère en visite à la Mosquée Nasr al Molk à Chiraz

Aucune dérogation même pas pour les services publics ou le foulard noir est de rigueur sous la coiffe réglementaire de l’agent.

Les contrôleuses de la gare de Téhéran

Retour aux artistes

Peintures murales du XVI siècle dans le Palais des 40 colonnes à Ispahan

Clins d’œil

Vu au marché de Chiraz

Vu dans les vitrines de Ispahan

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