Notre Dame de Montligeon

Notre Dame de Montligeon

Une cathédrale en plein Perche, une sculptrice-restauratrice de Saint Odilon, l’œuvre sociale d’un curé, autant de sujets abordés dans l’émission de télé « Échappées Belles » de Sophie Jobillard qui ont excité notre curiosité . Voilà ce qui nous a transporté dans le Perche ce lundi de Pentecôte.

L’itinéraire

Aborder le Perche par Nogent le Retrou, sous préfecture du sud de l’E et L, puis en sortant d’un virage à quelques 30 kilomètres, vous découvrirez sur fond de la verdure de la forêt domaniale de Reno-Valdieu, les deux tours de la fameuse cathédrale. N’ayant pas pu faire de photo à cause de la pluie, je vous laisse imaginer ce paysage dans le soleil.

 

La fameuse basilique se situe sur les hauteurs de La Chapelle-Montligeon. En parcourant les rues étroites de ce village, nous contournons l’immense domaine de la basilique. Nous passons devant la toute petite église paroissiale du XVIe et comprenons facilement, la nécessité pour le curé du village et organisateur de pèlerinages de plus en plus populaires, de faire construire en 1894 cette grande cathédrale.

Notre Dame de Montligeon

Ses deux flèches sont hautes de 60 m, sa longueur 74 m et sa largeur 32 m, c’est le plus grand monument du Perche

Construite entre 1894 et 1911, cette basilique est l’œuvre de Paul Buguet, le curé arrivé dans le village en 1878.

Ses pèlerinages pour Notre Dame libératrice les âmes du purgatoire devenant de plus en plus populaires il devait agrandir son église et fit construire ce édifice somptueux.

Parallèlement il voulut freiner l’exode rurale qui sévissait dans la région, donnant du travail à ses habitants. Il a d’abord créé un fabrique textile, une ganterie pour faire travailler les femmes puis une imprimerie pour les hommes.

Nombreux sont les artisans qui ont travaillé pour la construction du sanctuaire, même si certaines œuvres d’art ont été commandé en dehors de la région. Les matériaux de construction venaient des régions environnantes (sable de Loire, granit de Bretagne, etc…) ils étaient transportés par chemin de fer, sur les 6 km restants les chevaux percherons prenaient le relai.

Ce lieu de culte a été très vite reconnu par l’Église, elle a été consacré par l’évêque du diocèse. Elle a même reçu le titre de Basilique… mineure (1200 dans le Monde), les basiliques majeures se trouvent exclusivement à Rome .

Tout a été pensé pour les pèlerinages, les fidèles peuvent être déposés directement au pieds des marches

Un monument du patrimoine national

Le transept sud vient d’être restauré . Nous avons vu dans l’émission « Échappée Belles » Laetitia sculptrice, entrain de nettoyer à 40m de hauteur la statue de Saint Odilon. Ce saint est le cinquième abbé de Cluny. C’est lui qui a instauré le 2 novembre fête des morts, en 998.

 

La Vierge qui surplombe le maître autel en marbre blanc de Carrare est l’œuvre du sculpteur romain Giulio Tadolini. Elle a été installée en 1919, elle pèse 13 tonnes et mesure 3,7m
Le sol entier de la basilique, 1400m2, est recouvert de mosaïques
« Le jour ni l’Heure » vitraux de Anne Chevallier 1976

Le centre mondial de la prière pour les défunts

La basilique est un sanctuaire de l’Eglise Catholique. Elle est un centre mondial de la prière pour les défunts, qui attire depuis plus d’un siècle des pèlerins du monde entier.
Chaque année a lieu un pèlerinage de tradition à Notre-Dame de Montligeon pour prier la Sainte Vierge Marie de la délivrance des Âmes délaissées de Purgatoire et pour les défunts des familles. Les catholiques pensent que les âmes des défunts « séjournent temporairement » au Purgatoire pour terminer d’expier (purger) leurs péchés avant de franchir la porte du Paradis. Les prières des familles permettent de supplier la Sainte  Vierge Marie de la délivrance des Âmes délaissées de faciliter cela .

Cette bibliothèque contiendrait depuis le début des pèlerinages les registres où sont inscrites les recommandations de messes

Les activités du sanctuaire

En complément de l’objectif des pèlerinages  « Prenons soin de nos défunts » , le sanctuaire organise des sessions d’ « accompagnement des personnes en deuil » mais également des retraites, des WE spirituels, des retraites de profession de foi principalement pour des paroisses parisiennes.

Ces immeubles impressionnants abritent l’accueil, la librairie, l’administration, le restaurant, des salles de réunions et un hébergement d’une soixantaines de chambres

Le travail et la dignité de l’homme

Autre thème  : « Valoriser le travail ». Je m’interroge sur le rapport qu’il y a entre ce sujet et  la prière pour les défunts .

Il est vrai que la valeur  travail avait une grande importance pour le fondateur qui aurait construit cette basilique pour faire travailler ses paroissiens. Actuellement les friches de l’ancienne imprimerie sont réhabilitées en Ateliers Buguet pour y accueillir des artisans qui signent une charte de mutualisation.

Peu d’activité ce lundi de Pentecôte mais des ateliers

Peut être aussi que le thème « Convertir son regard sur le travail » trouve peut être son origine dans l’histoire de Paul Buguet, le fondateur qui dès la fin du 19ème  est encouragé par Pape Léon XIII , le pape de l’encyclique « Rerum novarum » initiatrice de la doctrine sociale de l’Eglise.

L’agenda 2019 du sanctuaire annonce 7 sessions ou WE sur « la souffrance au travail », ou de « pause » (3) pour les enseignants et les soignants. Les 18 et 19 mai dernier ont été organisé les « Rencontres de Montligeon » avec le thème d’actualité : Le numérique, quelles implications dans votre vie ?

Autre réponse,   la communauté Saint Martin qui gère le sanctuaire tout en prônant la tradition de l’Eglise, cherche à s’insérer davantage dans la société et voit dans ce thème une préoccupation de plus en plus récurrente et urgente pour la quelle il faut aider ses contemporains ; la prochaine session d’une semaine s’intitule « Souffrance au travail. Traverser l’épreuve » , un programme intéressant et d’une actualité brûlante… sous le regard de l’Eglise comme le précise le titre, un point de vue parmi d’autres.

Voilà comment suscitée par une émission de télévision notre  balade touristique dans le Perche s’est transformée en une interrogation.

 

 

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