Les chèvres de Monsieur Patrick

Les chèvres de Monsieur Patrick

Acheter sur le marché ouvre aussi à des découvertes heureuses

La vendeuse du samedi matin est aussi une fermière qui sait accueillir chez elle . C’est ce que nous avons découvert la semaine dernière avec nos petits enfants.

La Sologne n’est pas qu’une étendue de forêts, d’étangs investie par la chasse, régulièrement des fermes ponctuent le paysage. Par exemple prenez la nationale 2020, la célèbre route qui reliait Paris à Toulouse avant que l’autoroute y amène prestement, et à quelques kilomètres au sud d’Orléans vous découvrirez des terres cultivées et exploitées . Notre vendeuse du samedi matin habitent, élève ses chèvres, cultive ses fraisiers et tomates  par là. Avec son mari Patrick et sa belle sœur ils se sont installés à Chevrelogne dans les années 90 « C’était plus facile à cette période de se lancer dans un tel élevage ». « Nous avons installé cette ferme, ces hangars, ces serres sur un terrain vide, Patrick était ouvrier d’usine et rien ne le disposait d’être éleveur. »

Un grand éleveur de chèvres

« Nous sommes partis de 10 chèvres », maintenant à Chevrelogne Patrick élève plus de 200 chévres qui permettent à sa famille de fabriquer une grandes diversité de fromages. La maîtresse de maison est même cuisinière, sur son site, rubrique « idées de recettes »  elle propose plusieurs recettes pour accompagner les fromages.

Les chèvres sont nourries essentiellement du foin récolté par Patrick. « Ce printemps avec la sécheresse, je devrais faire la première fenaison tardivement et j’espère que j’aurai assez de foin avant le départ des bêtes pour les près. » Tout l’été l’élevage de la famille de Patrick est en plein air, un gage de qualité dont il est très fier.

Derniers foins de l’été dernier

« Avant nous devrons construire un enclos pour les boucs ! » . Les pauvres ils ne pourrons pas convoler selon leurs envies ! Ils ont pourtant fort à faire pour se partager chacun une trentaine de chèvres. Pour les chèvres pas d’insémination artificielle.

Reproducteur au repos
Devant l’enclos des boucs

Patrick m’explique que les chèvres sont rustiques et que bien soignées, il fait peu appel aux vétérinaires, « ces derniers sont occupés de plus en plus par les animaux de compagnie et les chevaux ». A Chevrelogne on ne cherche pas à produire à tout prix, les animaux y vivent tranquillement selon les règles de la nature.

Chevrettes intriguées
Jeunes chèvres de l’année

 

Le modèle du circuit court

A Chevrelogne, Patrick cultive et élève, Sophie et Christelle s’occupent de la fromagerie et de la vente . Ici nous sommes en plein dans le circuit court de la consommation. La majorité de la production trouve ses débouchés directement du producteur au consommateur. Il est possible d’acheter fromages, œufs , fraises et tomates sur place à la ferme et même par Internet avec livraison à domicile. Nos vendeuses sont présentes dans quatre marchés de la région (voir photos ci dessus).

En attendant le plein air

Comme une ferme pédagogique

A Chevrelogne tout est prévu pour faire découvrir  la nature  aux citadins que Patrick accueille avec beaucoup de chaleur, toujours disponible. Il est vrai que Patrick a  choisi ce cadre de vie et de travail et il aime le faire partager . Outre les chèvres, Patrick élève des poules, des canards et aussi, pour le plaisir , des paons qu’il ne manque jamais de faire admirer à ses visiteurs . Malheureusement il ne peut garantir  que ses locataires soient disposés à étaler les plumes de leur queue sous forme d’éventail, d’autant que dans quelques semaines ils perdront leurs magnifiques plumes.

Comme un soigneur de zoo, Patrick s’amuse de voir les carpes de l’étang sauter sur les morceaux de pain dur qu’il leur lance devant des spectateurs ébahis.

 

Un art de vivre

Qu’il est bon de passer un moment dans la ferme Chevrelogne.  Pour les propriétaires, ce ne doit pas être facile tous les jours, il y a les contraintes normatives qui pèsent sur la production alimentaire, il y a la route pour se rendre  sur les marchés, ce qui est indispensable pour écouler les produits et tout naturellement pour vivre, il y a peut être la solitude les jours de mauvais temps et de nuages bas. Malgré cela, je n’ai jamais entendu des paroles négatives de la bouche de nos hôtes et bien au contraire ! Régulièrement des documentaires nous présentent, à l’autre bout de la France, des portraits de paysans heureux,  grâce à notre marché de quartier nous en avons rencontrés qui vivent à deux pas de chez nous.

Quel plaisir de passer un moment avec Patrick et sa famille ! Ils nous ont fait partager leur tendresse pour leurs animaux et l’amour de leur métier ! Puissent-ils ouvrir encore longtemps leur ferme à notre curiosité de citadins et nous offrir directement des produits d’une qualité qui fait leur fierté .

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