Archive pour la catégorie ‘Théatre’

Fauves, spectacle entre danse et théatre

Vendredi 13 janvier 2012

Hier soir , au théatre nous avons été surpris par le spectacle choisi lors de notre abonnement annuel. Et ce n’est pas la première fois ! Voilà un spectacle que nous ne serions pas allés voir spontanément.

Dans la salle une foule de jeunes , nous les vieux nous étions vraiment une minorité. Des classes entières avec leurs profs…

Pour mettre dans l’ambiance une annonce est réalisée : « n’éteignez pas vos portables… vous pouvez faire des photos avec ou sans flash.. » que je traduit par le slogan de mai 68 « Il est interdit d’interdire » !

La scène est sans décor et des jeunes qui arrivent de la salle en tenue de ville se positionnent sur la scène… Faut-il moi-même monter sur scène, faudra-t-il participer au spectacle ? cette question me percute un instant !

Les jeunes, des adolescents nous regardent intensément puis arrivent des adultes . Il s’agit du DJ « pour l’ambiance » et de Michel Schweizer, metteur en scène et « médiateur » comme on dit maintenant.

Et tout de suite comme un prof le « médiateur » propose aux jeunes une reflexion sur un texte d’un philosophe Bruce Bégout. Immédiatement un premier puis l’ensemble refuse cette proposition et préfèrent converser entre eux et danser … car ils ont d’autres préoccupations que ceux de ce « médiateur » quinquagénaire !

Pendant la durée du spectacle, chacun avec sa personnalité, les comédiens vont danser et parler ensemble de leur conception de la vie, de leurs rapports, etc… ils vont faire de la philosophie . J’ai noté que les textes sont de Bruce Bégout né en 1967 et également de certains jeunes acteurs.

A la fin « le médiateur » leur proposera de réagir sur un sondage « 72 % des adolescents pensent qu’ils sont immortels », ce sera l’occasion du seul dialogue entre jeunes et adultes sur le temps qui passe et de la vision différente des générations sur ce temps.

Malgré les performances de ces jeunes en chants et en danse, malgré une musique agréable j’avais quand même souffert, moi sexagénaire, de la rapidité et de l’intensité des dialogues ; mais ma surprise fut grande de voir derrière moi tous les spectateurs debout pour faire une ovation extraordinaires à ces adolescents acteurs qui venaient de les émouvoir.

Je ne saurais que recommander ce spectacle si surprenant sur la scène et parmi les spectateurs. Nous sommes loin des spectacles du théâtre de boulevard, même joués par des acteurs « presque immortels », dont raffolent les vieux du Cado d’Orléans.

Pour en savoir plus sur « Fauves », cliquer !

Théatre de Saint Bonnet

Lundi 28 mars 2011

Une petite Scala à Bourges

J’ai découvert hier à Bourges un petit joyau, pas une antiquité issue de la vielle ville dominée par la célèbre cathédrale gothique , mais un théâtre construit en 2005.

Le propriétaire, Franck Ciup, a tout simplement repris les bienfaits acoustiques et esthétiques des théâtres anciens dits à l’italienne, pour créer une salle de 120 places  dans les dépendances de sa maison familiale.

Malheureusement je n’avais pas mon appareil photo, alors sur Internet j’ai trouvé cette photo sur le site  : www.theatre-saint-bonnet.fr

Curieux et délicieux, on se croirait à la Scala de Venise. Le piano est installé à demeure. Au mur des miroirs à l'ancienne, des luminaires et des lustres de Baccarat sûrement.... Partout des dorures, les chaises avec leurassise en velour rougent sont confortables. On se dirait revenu 100 ans en arrière.

Curieux et délicieux, on se croirait à la Scala de Milan. Le piano est installé à demeure. Au mur des miroirs à l'ancienne, des luminaires et des lustres de Baccarat sûrement…. Partout des dorures, les chaises avec leur assise en velours rouge sont confortables. On se dirait revenu 100 ans en arrière.Bravo aux artisans qui ont réalisé ce beau travail.

Cette salle n’est pas un musée, elle est au service de la musique. Le propriétaire , pianiste reconnu, a voulu en faire le paradis du piano ; voilà pourquoi le Steinway de concert trône au centre de la minuscule scène.

Raconte-moi….Schubert.

Samedi après midi, j’ai  eu la chance dans cette intimité de redécouvrir Schubert. En effet Franck Ciup a programmé pour la saison , 10 « Raconte-moi …les grands compositeurs… Il y illustre donc avec son piano et l’aide de nombreux artistes la vie d’un compositeur. Hier Franz Schubert, samedi 9 avril, Rachmaninov, le 7 mai Haydn et le samedi 25 juin Tchaikovski.

Les artistes invités par Franck Ciup et autour de Pierre Chatenay au piano étaient  la mezzo soprano Sabine Thiers , le clarinettiste Serge Conte, la pianiste Claire de Michelis, le violoniste Jacques SaintYves, le violonceliste Benjamin Garnier.

La musique alterne joyeusement avec le texte (écrit par Kranck) . Des blagues, des calembours, des anecdotes, des surprises ponctuent ce programme. On ne s’ennuie pas ! Les enfants nombreux , malgré la durée (près de deux heures de concert)  semblaient captivés.

J’ai beaucoup apprécié la méthode pédagogique employée, partir des oeuvres connues comme « La truite »(que nous avons chanté) ou la musique du film Barry lyndon de Stanley Kubrick , les approfondir et les situer dans la vie du compositeur.

On apprend qu’il va en vacances à Steyr et qu’il s’adonne à la pêche… sûrement pour écrire « La Truite » !Que son ami le baryton Vogl a un surnom la mouette.

Que la seule fois, en concert où il a entendu quelques unes de ses oeuvres, l’événement est passé inaperçu car Paganini était ce jour là  à Vienne pour jouer.

Etc…etc…

Photo Internet

Photo Internet

Pour écouter un morceau du premier mouvement de la sonate D 960 cliquer ici.26-05 Sonate D. 960 – Molto Moderato

Schubert a composé 1000 oeuvres, très peu furent éditées de son vivant, on comprend mieux qu’un célèbre poète de l’époque a fait graver sur sa tombe à Vienne : « La musique a enterré ici un riche trésor et des espoirs encore plus beaux. Ici repose Franz Schubert…. »

Avec son programme « Raconte-moi …les grands compositeurs…Frank Ciup dans son délicieux théâtre Saint Bonnet, nous donne envie de réécouter les richesses de la musique dite classique.

J’ai « espoir » donc de me remettre un disque de Schubert dans les prochains jours. Je n’aimais pas trop les lieders, le chant de la mezzo soprano Sabine Thiers, que Franck nous a fait entendre me donne l’envie de dépasser ces aprioris.

Alors vous qui habitez Bourges et ses environs, samedi après midi, au lieu de « faire les magasins », pousser la porte du Théâtre Saint Bonnet.

Et en attendant écoutez la retransmission de ce concert sur RCF sur 91,00 à Bourges, le vendredi 1er avril à 19h15.

J’envisage de le poscaster et de l’insérer dans ce billet !

A bientôt et encore bravo à Franck Ciup, animateur de ce spectacle et Etienne Pépin le directeur de RCF en Berry.

Démocratie

Jeudi 4 octobre 2007

Il s’agit d’une pièce de théatre créée à Orléans et mise au programme du CADO (centre national de création d’Orléans).

Il s’agissait de la 39ème création réalisées à Orléans depuis 1988.

Bref, cette pièce se jouait en se début de saison (du 21 sept au 12 octobre) et mardi nous étions spectateurs au Carré St Vincent à Orléans.

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J’en parle dans cette note parce que, malgré sa durée (près de 3h avec entracte), je ne m’y suis pas ennuyé (contrairement à d’autres spectateurs…). Pourquoi ?

C’est une pièce tirée de l’Histoire contemporaine ; Willy Brandt (une grande figure allemande, ancien maire de Berlin Ouest quand celle-ci était divisée dramatiquement en deux) accède au pouvoir de Chancelier d’Allemagne de l’Ouest .

Dès son accession au pouvoir de cette homme de gauche dans lequel des allemands espéraient beaucoup, les obstacles surgissent.

Le principal obstacle vient des conservateurs de son parti le SPD qui n’acceptent pas tous les actes d’ouverure : la coalition avec les libéraux, les traités qu’il signe avec l’Alemagne de l’Est, le Russie, la Chine. Heureusement il remporte de nouvelles élections ce qui le conforte dans ses positions malgré des conflits sociaux internes.

Pour cela il sera « soutenu » par un collaborateur qu’il va chercher hors du sérail (un ancien ouvrier). Dès le début de la pièce ce Günter est montré comme espion d’Allemagne de l’Est.

Progressivement les conservateurs alliés à l’espion devenu ami provoqueront sa perte, et il démissionnera en mai 1974.

Il avait obtenu le Prix Nobel de la Paix (reconnaissance internationale) et était toujours admiré du peuple allemand.

Je ne sais pas pourquoi en suivant cette pièce j’y ai vu toute l’Histoire contemporaine dans notre pays : De Gaulle battu par Giscard , ce dernier battu par Chirac, Mitterand en fin de mandat incapable de rénover et de s’ouvrir . Le duel entre le conservatisme, le repli sur soi et l’ouverture.

Et je pensais à notre Président actuel, son ouverture et les réticences de son camp qui s’expriment déjà. Sa difficulté est peut être de vouloir faire le grand écart entre extrême droite et social. Je pensais aussi à Ségolène Royal constamment attaquée par les siens lorsqu’elle lançait une idée nouvelle.

Mais n’y a-t-il pas avec la candidature de Ségolène Royal une avancée dans la démocratie parscequ’elle est femme. Toutes ces histoires de pouvoir ont été mené par des hommes et uniquement par eux. Élire une femme n’est-il pas déjà une ouverture.

Il est significatif de voir dans la pièce, l’utilisation extraordinaire qui est faite de la publication d’une liste des femmes qu’il recevait. Faire plonger un homme politique parcqu’il est « un homme à femme » est cent fois plus facile que d’attaquer à sa politique quand on cherche le pouvoir. Alors on dit que les femmes ont un rôle en coulisse considérable dans la politique, est ce bien réel, n’est ce pas un alibi .

Voilà j’ai aimé cette pièce parcequ’elle nous éclaire sur la complexité de la démocratie parcequ’elle est menée par des hommes, ces êtres si fragiles.

J’ai aimé cette pièce parcequ’elle est une véritable leçon d’histoire contemporaine. Le mur de Berlin est tombé faut-il l’oublier si vite ?

J’ai aimé cette pièce parcque pour moi elle réhabilite un grand homme, Willy Brandt, à juste titre Prix Nobel de la Paix parcequ’il a oeuvré plus que tout autre pour le rapprochement des hommes. Il est mort en 1992 il a vu le mur tomber, heureusement.

Voir auusi : http://www.evene.fr/livres/livre/michael-frayn-democratie-29661.php