Praline

Praline

Je m’appelle Praline, je suis une jeune vache laitière. Je fais partie, depuis le 1er mars 2023, de l’Élite de la race tarine. En effet je viens de remporter le deuxième prix du Concours Agricole au dernier Salon de l’Agriculture 2023 de Paris.

Je suis née en 2019 comme le montre la première lettre de mon prénom.

C’est moi à gauche (copie d’écran internet)

Yannick, le propriétaire,
montre la Plaque du deuxième du Concours Agricole qu’il vient de recevoir

J’ai entendu le juge expliquer son choix par rapport à ma concurrente : je serais trop grande ! La perfection n’est pas de ce monde chez les Miss ! Je n’y peux rien ce sont mes parents biologiques Marley et Bigard qui en sont la cause. Je ne connais pas mon père Marley mais ma mère est toujours dans le troupeau.

Je suis la troisième en partant de la gauche (copie d’écran)

J’ai été sélectionnée pour ma production de lait : 25,6 kg par jour en première lactation. Je suis donc considérée comme une des meilleures laitières !

Cet automne j’ai fait un magnifique veau et il parait qu’il sera encore plus bichonné maintenant que sa mère a été élue « élite » de la race tarine.

La race tarine ou tarentaise

Nous sommes 14400 en France d’après la présentation de la technicienne du club des Tarentaises. Notre race a été créée en 1868 depuis nous pâturons dans plusieurs pays du monde dont la Maghreb, c’est dire notre capacité d’adaptation. Nous sommes à l’aise sur les pentes des Alpes, principalement de la Savoie . L’été nous sommes fières d’être admirées par les randonneurs .

Attention il ne faut pas nous confondre avec les abondances, une autre race laitière avec lesquelles nous partageons souvent alpages et étables. C’est facile de nous reconnaitre car nos yeux sont toujours impeccablement maquillés ce qui nous donne un regard …plus tendre.

Ma vallée

Le tableau d’honneur du Concours du 1er mars 2023

Je viens de Lanslebourg Mont Cenis, de la ferme « Lequatorze » , dans la vallée de la Haute Maurienne au pieds du Col du Mont Cenis. La Dent Parrachée (3690m) domine mon village .

Bernard, mon « interprète », est un amoureux de Lanslebourg depuis … 1967, ce qui explique qu’il ne pouvait passer cet événement. Voir aussi tous les articles sur son blog en cliquant ici sur Lanslebourg.

La Dent Parrachée vue du centre de Lanslebourg

La ferme (EARL Lequatorze) est une exploitation familiale très ancienne qui élève des vaches depuis plusieurs générations.

Des anciennes en 1969 (archives personnelles)

Les anciennes de 1969 sortent de la traite de la ferme d’alpage

Le chalet d’alpage (2000 m) est à l’emplacement du refuge Quatorze sur l’ancienne route vers l’Italie. Sur cette photo le nouveau lac du Mont Cenis vient d’être mis en eau (été 1969)

Notre quotidien

A l’automne dès les premiers flocons de neige nous quittons le col du Mont Cenis, notre alpage et descendons au village . Nous remonterons en mai pour profiter de la magnifique pelouse naissante après la fonte des neiges.

L’été dans les alpages nous sommes toutes rassemblées dans les sublimes senteurs des pentes du Mont Cenis. Il parait que la flore de ces montagnes est unique par sa diversité !

Les génisses ont quartier libre et peuvent s’égayer en toute liberté dans la nature sauvage des sommets. Pour les retrouver pas de GPS mais l’une d’entre elles a une cloche dont le son est facile à identifier.

Une partie du troupeau en 2021

Avant que l’Earl familiale fasse construire une étable moderne à la sortie du village, les anciennes partaient tout l’hiver en villégiature dans des fermes italiennes pour profiter du grand air de la vallée du Pô, un petit nombre restait dans l’étable située en dessous de la grande maison familiale à Lanslebourg.

L’étable moderne actuelle. Ici le foin sent bon la montagne, il a été récolté tout l’été par Yannick et son père.

Nous aimons bien les visites ! Ce petit de l’hiver 2019 c’est peut être moi ?

Nous, les championnes de la production de lait nous devons être traites matin et soir . .

En fin d’après midi nous descendons vers l’étable pour la traite .

Nous retrouvons l’étable

Calmement, nous attendons la traite, nos mamelles sont lourdes .

Après la traite, nous repartons vers le pré que nous devons « manger » cette nuit

Claude

Eté comme hiver, tous les matins et tous les soirs, dans l’étable nous retrouvons Claude la maman de Yannick . Elle devrait être à la retraite mais elle ne peut pas quitter cette vie de fermière. Maintenant accompagnée de son mari elle aide leur fils . Depuis son enfance, comme sa mère, elle se lève à 5h du matin, pour finir tard le soir après une journée de monitrice de ski l’hiver ou de bergère l’été, avant qu’ils installent des centaines de mètres de clôture électrique pour entourer nos pâturages.

Certes la traite s’est modernisée mais Claude ne peut manquer un jour, pour nous bichonner. Elle nous connait toutes par notre prénom, elle a même des favorites. Elle connait nos défauts et nos qualités. Elle voit quand nous allons mal. Elle sait même quand nous avons nos chaleurs et appelle aussitôt le vétérinaire-inséminateur.

Pour annoncer la nouvelle de ma promotion elle a téléphoné à toutes ses amies pour faire partager sa satisfaction de m’avoir élevé . Elle assure que j’aurai pu être première au concours. Je suis contente de lui faire ce plaisir elle fait tant pour nous, on dit que c’est sa vie !

Le Beaufort

Le Beaufort c’est ma vie ! Le lait que je produits sert à confectionner le fromage appelé Beaufort. Avec mes cousines Abondance, en Savoie et Haute Savoie, nous sommes les seules pouvant faire le lait nécessaire à la fabrication de ce fromage AOP .

Depuis des générations, la ferme élève des vaches pour fabriquer du fromage . L’AOP Beaufort a été créé en 1968. Avant que tout notre lait soit emmené à la Coopérative, l’été, un fromager professionnel fabriquait le Beaufort sur place à la ferme.

On aperçoit près de la fromagerie jouxtant le chalet, le camion qui servait à collecter matin et soir les bidons de lait des vaches des voisins (mes archives 1969)

Tout le lait que nous produisons été comme hiver, comme celui de toute la vallée, se retrouve dans les cuves de la Coopérative située sur le bord de la rivière Arc à Lanslebourg.

Les cuves de la fabrique

La cave d’affinage

Je reviens à la maison la semaine prochaine, à Lanslebourg Val Cenis. Paris c’est bien, j’ai été admirée, applaudie, photographiée, malgré tout je suis comme les langrins je préfère « nos montagnes ».

Vivement le printemps et les délicieuses fleurs des prés du Mont Cenis , mon régal !

2 réflexions sur « Praline »

  1. —> Photo du haut
    « C’est moi à gauche (copie d’écran internet) ».
    J’ai beau chercher, je ne te vois pas, Bernard…

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