Beyrouth 2026
Tous ont peut être alors compris qu’il n’y avait pas de Beyrouth dans Beyrouth. Car cette femme assise sur un rocher est à l’image du tournesol mû par une force qui lui est étrangère : elle entraine ses amants et ses ennemis, sans distinction, dans une ronde aveugle, où elle se donne et se refuse, ne se donne ni ne se refuse.
Mahmoud Darwich (1941-2008) Extrait de « Une mémoire pour l’oubli » février 2026 Actes Sud (page 92)




Une bombe à implosion ; elle creuse un énorme vide sous son objectif qui perd ses fondations, qui se retrouve avalé, transformé en cimetière enfoui, sans modification ni changement. Là dessous, dans ce nouvel espace, les formes conservent leur apparence et les habitants de l’immeuble gardent l’attitude qu’ils avaient , la trace du geste étranglé. Là dessous, sous ce qui étaient le dessous il y a moins d’une seconde, ce sont désormais des statues de chair, dépourvues de toute vie, pas même un adieu…Pourquoi ont-ils fait cela ? Notre chef se trouvait là, il est parti il y a un instant. Est-il vraiment parti ?
Extrait de « Mémoire pour l’oubli »(le temps : Beyrouth, le lieu : un jour d’aout 1982) Mahmoud Darwich page 75
Liban l’éternelle ?

Que dire, que montrer ? Deux extraits des poèmes du plus grand poète palestinien, quelques photos ramenées de là-bas…



