29. mars 2008 · 4 commentaires · Catégories: Actualité · Tags:

Des amis de « Vie Nouvelle » m’ont invité à une conférence qu’ils organisaient hier .
Le thème de cette soirée débat est « Le principe de précaution Immobilisme ou action ? ».

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J’avais une petite idée sur ce sujet et je me souvenais qu’à plusieurs occasions, la vache folle, les huîtres d’Arcachon et dernièrement le maïs OGM, le Gouvernement avait fait valoir le principe de précaution. « Interdiction de consommation ou de production ». Avec l’impression que sous la pression sociale le Gouvernement échaudé par des affaires précédentes utilisait le parapluie.

Ce que j’ai appris ou mieux compris :
1/ le principe de précaution s’applique quand il n’y a plus de connaissance (exemple des médicaments retiré de la vente parce qu’il y a beaucoup trop d’effets secondaires inconnus)
2/ la prévention s’applique quand nous connaissons les risques (les médicaments interdits au moins de …)
3/Le principe de précaution est évolutif en fonction de l’état des connaissances. Ceci est important car la recherche doit avancer et permettre d’en connaître plus sur les effets provocant le principe de précaution.
4/Les OGM ont permis des progrès incontestés par exemple l’insuline ou l’hormone de croissance qui était auparavant prélevée sur des cadavres.
5/ Contrairement à ce qui est dit les plantes GM peuvent être ressemées. En ce qui concerne le maïs les cultivateurs ont l’habitude de renouveler leur semence tous les ans. L’argument des anti-OGM présentant les PGM comme un nouveau moyen pour les semenciers d’exploiter les cultivateurs est faible dans le type d’agriculture des pays développés.
6/Une question se pose, le principe de précaution ne facilite-t-il pas le manque de réflexion et de prudence des citoyens qui sont soumis aux décisions des Etats . Paradoxalement la profusion et la complexité des renseignements obligatoires sur les emballages sont néfastes à la prise de décision du consommateur.
7/Pour les chercheurs, il est très difficile de faire des études épidémiologiques sur les conséquences de certaines technologies pour faire évoluer le principe de précaution ou la prévention. Les recherches sur l’utilisation des micro-ondes, de la WIFI ou des portables sont longues compte tenu de la pression des industriels et des changements de technologies fréquentes ne permettent pas d’avoir des connaissances incontestées. En attendant les industriels s’abritent derrière des normes qui leur sont favorables (souvent instituées par eux !). Voir le site : http://www.naturemania.com/naturo/ondessante.html
8/Pour les chercheurs, le principe de précaution risque de provoquer l’immobilisme de la recherche sous la pression du public souvent partiellement informé. Les médias ont une responsabilité importante ; elles ont tendance à simplifier les problèmes et en conséquence à donner la parole aux plus déterminés ; les scientifiques invités sur un plateau de télévision, toujours en recherche ont des discours moins faciles moins tranchés. Néanmoins, comme à l’INRA, ils tentent de dénoncer systématiquement les contre vérités et les rumeurs qui alimentent les peurs.
9/L’épandage dans les champs des boues résidus des stations d’épuration est de plus en plus difficile. Cette pratique pourtant nécessaire économiquement et écologiquement est victime de préjugés malgré les contrôles réguliers.champs.jpg
10/J’ai compris que l’intérêt du principe de précaution est complexe ; il est utilisé par les Etats pour éviter des « problèmes de santé public », il sert aussi à répondre à des demandes sociales et électoralistes. Il m’est apparu que les scientifiques présents à cette conférence ont tendance à mettre en cause ce principe qui au lieu d’accélerer la recherche , la freine d’autant que les organismes d’Etat ont de plus en plus de difficultés à vivre.
Enfin et surtout j’ai compris que le dialogue scientifiques-citoyens est primordiale. Cette conférence en avait fait son objectif.