Un chemin pas comme les autres.

Dès le début de la montée vers Montbas, une signalisation attire notre attention . En dehors de la direction et de l’évaluation de la durée de la randonnée, une mascotte nous invite explicitement à Mont Bas notre destination.

A bientôt à Mont Bas !

Profitez de votre promenade ! Et à tout à l’heure  Claire et Jean Noël

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Ensuite tout au long du sentier dans la forêt un jeu va égayer  la montée comme un jeu de piste. Plus »

Lundi 23 mars

Nous sommes à Lanslebourg en Haute Maurienne (station de Val Cenis).

Il fait beau nous skions.
lanslebourg

Centre du village de Lanslebourg au fond la Dent Parrachée (3500m)

telesiegeDépart vers les pistes

Chaque soir nous retrouvons des amis. Nous venons dans cette station depuis plus de 40 ans et nous avons des connaissances.
Ce soir nous renconrons Gérard et Claude. Gérard est guide de haute montagne, Claude est éleveuse et  monitrice de ski depuis … »toujours ».
Nous sommes toujours très heureux de nous revoir, nous parlons de nos grands enfants, du petit fils qui est né cet été, des problèmes familiaux des uns et des autres.

Mais ce soir, un sujet va dominer tous les autres ; la vallée est en deuil et en colère. En effet Bonneval sur Arc vient d’enterrer samedi, un de ses jeunes enfants.

Et il se trouve que ce jeune garçon est le frère de la compagne d’un des fils de nos amis. Ils nous font partager la douleur des parents du jeune lycéen et aussi leur colère devant cet accident . Il s’agit de l’avalanche qui a emporté à Valménier près de Valoire, un groupe de lycéens avec leur guide.

Je comprends  que le Ministre Barnier ait fait le déplacement. En effet ce lycée technique reçoit tous les jeunes de la vallée pour leur apprendre deux métiers celui de la montagne car ils deviendront guide ou moniteur et celui de la vie au village (maçon, menuisier, etc…). Un grand nombre de garçons et de filles de la vallée sont passés par ce lycée .

http://rhone-alpes-auvergne.france3.fr/info/52375593-fr.php

L’accident : ce jour là il faisait mauvais, brouillard, vent, risque d’avalanche (4/5) mais à la fin de la semaine il y avait des notes et il fallait poursuivre le stage et y aller dans cette montagne avec le guide habituel.
Malheureusement la nature, la montagne a été plus forte et l’avalanche invisible dans le brouillard a emporté le groupe.

Heureusement un ou deux élèves trainaient en arrière car ils avaient peurs. C’est étonnant pour ces jeunes si à l’aise dans leur montagne natale .  L’un d’eux a échappé à la vague meurtrière et est descendu à toute vitesse (sur un ski) et seul pour prévenir les secours.
Les sauveteurs retrouveront 4 corps sans vie dont celui du guide pourtant équipé des dernières technologies. Dans ces corps il y a le petit de Bonneval sur Arc . Un jeune de Lanslebourg sera lui retrouvé vivant malgré ce séjour d’au moins 4 heures sous la neige, « un miracle » diront les spécialistes à la TV. Aux dernières nouvelles à l’Hôpital de Grenoble il était sauvé.

Photo prise après le drame par un des sauveteur (Internet)

Photo prise après le drame par un des sauveteur (Internet)

La colère de ces montagnards habitués et conscients des dangers omniprésents de la montagne est  grande. Leurs enfants n’étaient donc pas en sécurité dans ce lycée ; Gérard le guide, ne comprend pas du tout l’attitude de son collègue « c’était inutile de les emmener dans de telles conditions, le rôle premier d’un guide est de ne pas prendre de risque avec ses clients ! ».
Pourtant ils savent que la montagne continuera à être la plus forte . Cette année « ils ont bien été servis » : en mai 2008 des crues catastrophiques, début mars 2009 un travailleur du barrage emporté par une avalanche au Mont Cenis, et ce drame pour leurs jeunes.
Pourtant, je l’ai entendu « nous ne cessons jamais de profiter de ces merveilleux paysages que nous donnent la montagne ».
neige

La Dent Parrachée depuis les pistes de Termignon (accès Lanslebourg)

La Dent Parrachée depuis les pistes de Termignon (accès Lanslebourg)

Mais je ne suis pas sûr que s’il n’y avait pas le tourisme, les vacances de neige, le ski et toutes les ouvertures que cela leur procure, les jeunes resteraient  autant qu’aujourd’hui. Peut être ils immigreraient comme leurs aïeuls hors de leurs vallées (Argentine ou Paris).
Alors nous aimons les rencontrer, profiter de leurs grandioses paysages , leur neige et leur air si vivifiant, peut être qu’ainsi ils continueront à rester au pays  et à le faire  découvrir à un plus grand nombre.