Il ne s’agit pas des poètes Hafez (1326-1395), ou Saadi (1203-1283), ni d’une personnalité politique. Majid Zare,  est guide francophone, dans l’agence Pars Tourist Agency de Chiraz, il a été notre guide pendant tout le circuit que nous venons de réaliser en Iran, début novembre 2017 (voir mes précédents billets).

En dehors de la saison touristique, Majid exerce une autre profession. Il a fait des études pour devenir chimiste puis est retourné à l’Université pour un cursus dans l’ophtalmologie. On dit que Majid a appris le français avec TV5. Nous ne pouvons qu’admirer la précision de son langage en français. Son érudition est remarquable dans de nombreux domaines : historique, artistique, géographique, religieux et même cuisinier . Il n’hésite pas à demander de l’aide à des iraniens de passage pour répondre encore mieux à nos interrogations. S’il me lit, je m’excuse d’avoir manqué trop lors de ses explications  tant mon appareil photo m’occupait…. Nous avons souvent entendu « venez-voir ! » sa supplique pour nous regrouper autour de lui et puis après des « vous avez compris ? ».

Contrairement à beaucoup de guides professionnels Majid n’est jamais allé dans notre pays, il en rêve : « tous mes clients me parlent de la France, j’aimerai visiter Bordeaux…pour ses caves ! »

Cette photo résume bien la bonne humeur et le dynamisme permanent  de Majid , ici avec le chauffeur-propriétaire du bus

Majid est « de Chiraz »

Majid est très fier de sa ville . Il est vrai que cette grande ville de 1 million 700 000 habitants doit être attirante. C’est une ville universitaire pour 20 000 étudiants dans de nombreuses disciplines dont la médecine, les technologies de pointe et même la philosophie. De ce fait Chiraz du haut de ses 1500 m d’altitude respire la fraîcheur de la jeunesse.

Tout au long de notre circuit Majid n’a cessé de rencontrer des « gens de Chiraz », on aurait dit qu’il connaissait toute la ville !

A Kashan, à près de 800 km, dans la maison  construite dans les années 1840 pour l’influente famille des Tabātabāei, fameux marchands de tapis. Rencontre inopinée avec un réalisateur originaire de… Chiraz, qui tourne un film sur les splendeurs architecturales et l’art de vivre au XIX siècle.

Chez l’habitant à Chiraz

Majid nous a accompagné « chez l’habitant » à Chiraz. Il s’agissait ni plus ni moins de la directrice francophone de son agence. Dans un appartement cossu d’un quartier moderne nous avons été reçu par la maîtresse de maison Afrooz Hassan. En notre honneur elle avait invité plusieurs amies dont des collègues de l’Agence parlant français. Avant de passer au repas, notre hôte nous a présenté en détail tous les mets qu’elle avait préparé . Tous ces plats sont issus de la cuisine traditionnelle iranienne. Majid nous en avait régulièrement fait découvrir quelques uns dans les resto qu’il nous conseillé mais ici nous avions droit à la cuisine encore plus raffinée puisque préparée par Afrooz Hassan et son mari .

 

Dessert: Halwa , délice sucré à base de riz et safran, un dessert autre que les pâtisseries, les dattes et la glace locale.

Recette du Kolam Polo

Ingrédients :

un petit chou, 226 gr de bœuf haché, 2 tasse de riz, 2 petits oignons, poivre noir en poudre, sel, persil, mélange d’épices perses, 4 cuillers d’huile végétale, une pincée de safran, une pincée de cumin

Préparation :

1/Faire tremper le riz avec une pincée de sel, pendant une heure

2/Ajouter une pincée de safran dans 1/4 d’eau bouillante

3/ Couper en petit dés un oignon

4/Râper un oignon

5/Couper en lamelles le petit chou

Recette

1/Mélanger l’oignon râpé avec le le bœuf haché, ajouter du sel, du poivre et des épices

2/Faire des boulettes avec ce mélange additionné de mi-de pain

3/Frire le chou en lamelles et bien remuer pendant quelques minutes

4/Dans une casserole mélanger l’oignon coupé avec l’huile

5/Y joindre les boulettes de viande

6/Faire mijoter le riz

7/Égoutter le riz

8/Ajouter le chou aux boulettes de viande, avec le safran et remuer délicatement. Laisser le mélange cuire pendant 5 à 10 minutes recouverte avec un couvercle

9/Dans une casserole mettre deux cuillers à soupe d’huile, étaler la moitié du riz avec les boulettes de viandes et recouvrir le tout d’un couche de riz pour compléter.

10/Ajouter deux pincées de cumin

11/Recouvrir le plat avec un torchon et un couvercle

12/Cuire pendant 20 minutes

Merci à Madame Afrooz Hassan qui m’a envoyé sa recette

 

Un morceau de setar petit luth iranien

Majid, un guide poète

Normal, Majid est « de Chiraz » la ville des grands poètes persans Saadi (1203-1283)  et Hafez (1326-1395). Devant le Mausolée de Hafez Majid a eu l’audace de nous faire lire à haute voix des sonnets traduits en français . Pour choisir le poème, Majid a caressé de ses doigts la tranche dorée du livre puis à l’aveugle a ouvert délicatement le livre. Et la page fut à chaque fois une découverte …par exemple :

Des dizaines de jeunes viennent visiter ce mausolée de Hafez, poète du XIV ème siècle. Cet édifice a été restauré en 1935 par l’architecte français André Godard

Majid sur tous les coups

A Yazd, ce jeudi est jour férié , c’est la fin du deuil de 40 jours en mémoire de l’assassinat de Hossein le fils d’Ali. C’est jour de fête et c’est également le jour du partage, dans tous les quartiers des stands sont installés et on y distribue gratuitement des repas préparés la nuit. Tout le monde peut aller à ce genre de soupe populaire constituée principalement de pommes de terre , de haricots et d’agneau. Majid a voulu nous faire partager ce repas, il est allé sur un stand de distribution et nous l’avons vu revenir avec un grand sac contenant 15 repas  ainsi qu’un bidon de yaourt. Nous n’en croyons pas nos yeux ! Pour compléter vraiment ce partage nous nous sommes retrouvés dans le parc avec les familles iraniennes en fête.

Autre coup de force de Majid ; nous faire entrer dans le cimetière zoroastrien jouxtant les célèbres tours du silence. Il a dû s’allier à un vieux monsieur, le dernier croque mort pour forcer l’interdiction du gardien officiel.

Je ne sais pas si elle était « de Chiraz » mais dans le cimetière Majid a entamé la conversation avec une dame venue en famille sur la tombe d’un parents, comme tous les ans à la date anniversaire du décès . Elle y fera brûler quelques bâtons d’encens.

Une des tours du silence de Yazd où les zoroastriens, selon leurs rituels, laissaient leurs morts dévorés par les rapaces.

Chiraz et La mosquée Nassir-ol-Molk

Appelé aussi la Pink Mosquée … l’heure est propice pour profiter pleinement des reflets colorés des vitraux. Pourquoi tant de jeunes photographes et autant de mannequins ?









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