Les meilleurs moments de notre dernier séjour à Madagascar (6), d’autres rencontres

Les meilleurs moments de notre dernier séjour à Madagascar (6), d’autres rencontres

11 octobre 2008
Madame Viviane (voir billet)
12 octobre 2008

Christine et René.

Nous descendons ensemble la Tsiribihina, nos partageons le même chaland. Ils s’appellent Christine et René. Ils parlent le français avec un accent trainant, après une petite recherche ils se déclarent suisses, de Lausanne.
Ils entament ces jours-ci leur 4ème voayage à Madagascar ; nous sommes donc battus avec nos trois voyages !
Cette année Victoria les accompagnent, en effet comme ils sont tombés amoureux de Madagascar ils veulent faire partager leur passion avec leur fille.

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De gauche à droite : Christine et René, Zara, Mamafac, Victoria et Colette

Christine et René séjourne à Madagascar deux mois.
Christine parle le malgache…les villageois avec lesquels elle dialoguait la comprenaient très bien.
Christine et René ont créé en Suisse l’association Tsinjo Menabe « pour l’installation d’un puit d’eau potable, pour la construction d’une petite école » dans un village isolée de la région du Ménabe (Côte Ouest). Les ressources de cette association… vente par correspondance et par paquet de 6 pièces de crêpes et des galettes au sarrasin . C’est Christine qui les confectionne et les envoie.

Un point important Christine et René sont bretons d’adoption, cela explique cela !
Autre passion de Christine et René, les oiseaux ; René rêvait de mon objectif 70-300 Canon pour s’en approcher encore plus près !!!
Inutile de préciser davantage combien nous avons été heureux ensemble pendant les trois jours de descente de la Tsiribihina.

16 octobre 2008
Les petites filles de la plage de Morandave.
Je les observais entrain de pêcher des crabes.

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A l’aide d’un grand filet qu’elles installent en travers d’un petit courant de la plage, elles récupèrent le crabe, le jettent sur la grève . Le crabe s’épuise à l’air libre ; les petites filles à l’aide d’un bâton coupent les pinces et peuvent stocker leurs prises dans un seau, sûrement pour le prochain dîner.
Comme je m’intéressais à leur activité, une d’elles s’est approchée de moi pour me donner un crabe. Quelle gentillesse !

17 octobre 2008
Madame Josette Razafiarisoa.
Nous avons été hébergé chez elle deux soirs. Ce n’est pas qu’elle fasse chambre d’hôte mais tout simplement, monsieur William souhaitait que nous connaissions ses amis malgaches. Et comme ces hébergements chez l’habitant valent pour nous le meilleur hôtel de la ville, nous étions ravis.

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Madame Josette nous montre son jardin


 

Madame Josette est la directrice d’une entreprise de 60 personnes, Bongou. Et devinez ce qu’elle produit à Madagascar …du foie gras.
Madame Josette est une personnalité ; elle fut une des premières chefs d’entreprise quand veuve vers 30 ans avec ses trois enfants en bas âge, elle décida de faire prospérer l’entreprise familiale . Quelle courage elle a eu ! Voilà pourquoi on ne compte plus ses décorations et les articles élogieux sur elle et son entreprise. En décembre 2007, entourée de tous ses employée elle est distinguée commandeur de l’ordre national. Quelques années auparavant à Madrid elle avait reçu le 14ème Trophée de International Award for Food. Nous avons noté qu’elle est membre d’une association internationale, le Club Soroptimist qui regroupent des femmes du monde entier . Les membres de ce Club reconnu par l’UNESCO et l’UNICEF s’engagent dans leur vie professionnelle « à observer une éthique rigoureuse en accordant aux valeurs morales et de l’esprit une supériorité sur les valeurs matérielles ».
Madame Josette qui voyage dans le monde entier est infatigable pour faire connaître son entreprise à l’étranger. Il est vrai que sa production est surtout destinée à l’exportation. Le marché intérieur se limite aux restaurants et à une minorité de malgaches. A noter que Bongou est présent parmi les magasins duty free à l’aéroport de Tananarive.

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La fille et le gendre de madame Josette devant l’entreprise

Tous ses enfants sont dans l’entreprise ; sa fille nous a fait visiter l’usine . Nous avons appris que les canards venaient principalement de la région de Fianarantsoa (le berceau de la famille). Ils sont élevés et gâvés (méthode manuelle et traditionnelle) dans de multitudes petites fermes. Ils sont transportés à Tana pour être « transformés » dans l’usine Bongou. Son savoir-faire elle le doit aux nombreux déplacements et séjours effectués dans le Sud Ouest de la France. Madame Josette est très fier d’avoir appris des grands chefs français.
A plus de 60 ans madame Josette continue à faire évoluer son entreprise, par exemple après les légumes, Bongou se lance dans les confitures, Madagascar produit tant de fruits qui ne peuvent pas être exporter frais. Ah la confiture de ces fruits qui poussent si facilement et en grande quantité dans certaines régions comme les mangues et les jujubes! De plus, elle continue à agir pour que la France lève son embargo sur le foie gras « étranger », ce qui nous permettrait de déguster le foie gras malgache qui (je ne suis pas un spécialiste) vaut bien nos foies gras locaux.

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Dépliant publicitaire de Bongou

Au gré de nos conversations il me semble percevoir ce qui pousse madame Razafiarisoa ; c’est d’une part prouver qu’une femme peut être à la tête d’une entreprise florissante, dans un pays pauvre et d’autre part à l’étranger faire connaître les richesses de la terre malgache .

27 octobre 2008

Madame Saholi et son époux monsieur Constant Gasstsar.
Nous avons eu la chance d’être logé dans leur villa des hauts de Tananarive, une chambre d’hôte de qualité.

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La cuisinette de la chambre d’hôte

Et surtout nous avons été comblé de pouvoir rencontrer nos hôtes.
Un premier soir madame nous a préparé un excellent repas qui, entre autres, nous a réconcilié avec la viande de zébu ; bien choisie, cuite à point, cette viande vaut bien un beefsteak de charolais.

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Monsieur et madame Gasstsar

Bref…toujours l’estomac, ces Robert ! Saholi nous a surtout fait partager un peu de la culture malgache, ce qui nous manquait. Nous avons découvert un métier très particulier, orateur. Monsieur et madame Gasstar font partie d’une association de poètes, l’association des rhéteurs de Madagascar. Une association clandestine ? au contraire une association très importante dans la culture malgache.Une association qui a pour devise : « Enracinés dans l’Identité Culturelle Malagasy minutieusement distillée, et ouverts sur le monde et l’humanité lucidement sélectionnés ».
En résumé, pour les malgaches l’expression orale des sentiments a une grande importance ; dans certaines circonstances comme les baptêmes, anniversaires, fiançailles, noces, deuils, les personnes directement concernées sont trop émus pour s’exprimer ; les orateurs ou rhéteurs (hommes ou femmes) prennent le relais et se font donc des portes parole. Leur discours est à la fois très codifié selon la tradition et en même temps fait appel à un savoir faire en permanence adapté. Toutes les couches sociales font appel à ces orateurs professionnels ou amateurs. Exemple du début de discours pour le garçon lors de fiançailles : « Nous avons pris du temps, nous nous sommes donnés de la peine, mais cette peine et ce temps étaient incontournables. A force d’écarter les feuilles du buisson, nous voici parvenus aux racines, à la raison de notre rencontre de ce jour…. »
Monsieur Gasstsar avec une collaboratrice Hanitra vient d’écrire un « Manuel d’apprentissage… » en version française et en version malgache avec trois sous titres : les joute oratoire de noces, allocutions et oraisons funèbres, discours de voeux et de félicitations. Il nous explique que ce livre a un double objectif : d’une part « mettre en harmonie avec notre époque » les proverbes, expressions utilisées traditionnellement et d’autre part d’écrire un ouvrage qui « servira d’héritage et de patrimoine culturel » à destination des futures générations. La diaspora malgache en Europe est très importante, les petits enfants ne parlent plus le malgache et ce livre écrit en français et en malgache leur fera découvrir une des richesses culturelle de leur pays d’origine l’art oratoire.

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Outre ses talents d’écrivain et d’orateur Monsieur Gasstar ancien député est actuellement maire d’une ville de l’Est de Madagascar. Au cours de la discussion, nous découvrons toute ses activités pour le bien être de son pays : association pour l’éducation des filles et des mères, association de défenses de la nature (reboisement), etc… Nous aurions pu passer des heures à écouter Saholi et Constant mais paradoxalement ce sont eux, qui nous ont écouté intéressés de savoir comment nous voyons leur pays. Nous avons échangé à partir de sujets très divers sujets comme la pauvreté, l’urbanisme, le sommet africain de l’année prochaine, la prostitution, les couples mixtes, le bio, le tourisme, la place des femmes, etc…
17 octobre 2008

Patrick Ravololoarison, chef d’atelier de la ferronnerie d’art de Tananarive.

La ferronnerie artisanale est une tradition de Madagascar. Cette année nous avons eu la chance de visiter une galerie de ferronnerie d’art. Dans les objets, les luminaires, le mobilier se marient le bois (le palissandre naturellement), le fer, le cuivre, le bronze et parfois les pierres semi-précieuses ou les fossiles.

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60 personnes travaillent dans cette entreprise fondée il y a 40 ans par une femme de nationalité belge. Depuis ce sont des malgaches (enfants) qui poursuivent la conception , la fabrication et la commercialisation de ces « bijoux » .
Ne me satisfaisant pas de la galerie d’exposition et de vente, j’ai eu la chance d’être accompagné par Patrick Ravololoarison dans les divers ateliers .

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Ainsi j’ai pu côtoyer et photographier de véritables artistes dans leurs spécialités, la soudure comme la menuiserie.

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17 octobre 2008

Mesdames Ramboarison Voangy et Noro, à African colors.

Lors d’un précédent, ous nous étions arrêtés à Ambositra, la capitale de la sculpture et surtout de la marqueterie . Depuis des générations les artisans de cette région confectionnent en marqueterie les mêmes tableaux, scènes de la vie paysanne.
African colors se situe à 5 heures de là, au nord de l’agglomération de Tana et pourtant se sont des artisans d’Ambositra qui y travaillent.

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J’ai trouvé très intéressant cette initiative qui consiste à utiliser le talent exceptionnel et le savoir faire ancestral de ces villageois pour réaliser de véritables oeuvres contemporaines souvent créées par un artiste de notre époque.

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Ils sont 15, ils viennent du même village et sont de la même famille.
Certains tableaux sont composés de 1000 pièces et de bois les plus précieux et divers.

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Stockage des planchettes de bois précieux qui serviront à composer les tableaux.

8 réactions au sujet de « Les meilleurs moments de notre dernier séjour à Madagascar (6), d’autres rencontres »

  1. Nous ne connaissions l’ atelier de ferronnerie d’art sité plus haut et nous en sommes tout étonnés. Celui que nous connaissons (comme vous ) se trouve à Alasora, périphérie de Tana (6-7km du centre) et se nomme Ferronnerie d’Art Dieudonné. Nous l’avons visité à trois reprises et ce fut chaque fois un enchantement.

  2. Monsieur,
    J’ai pu remarquer qu’il existe à Ambositra un ou deux ateliers de marqueteries inconnus par les touristes, faute de guides qui les connaissent. Et pourtant ceux-ci sont capables de réaliser des exploits et une révolution en matière de marqueterie malgache: on peut par exemple citer l’atelier de ALISON et SALMATA, un couple qui travaille depuis 2006 surtout sur la marqueterie thématique ainsi que la reproduction de tableaux de grands maîtres, sans parler du style art déco et des instruments de musique à cordes qui sont très beaux et normatifs, jamais réalisés en marqueterie. l’atelier s’appelle LUTHERIE/MARQUETERIE H’AWA
    lot III-J-4 Amboasary Amboay 306-Ambositra MADAGASCAR
    mail: LMhawa@gmail.com
    J’espère qu’à vos prochains visite à Mada, vous aurez sûrement l’occasion de visiter cet atelier.

  3. ai pris plaisir à regarder les photos et les commentaires
    j’ai vécu 16 ans à Madagascer et c’est toujours une forte émotion qui m’envahit lorsque je lis des articles sur Mdagascar!
    donnez nous du bonheur!
    j’espère y revenir un jour..

    1. Je suis ravi que ces billets qui retracent nos trois séjours en trois ans à Madagascar (au centre, à l’est et au Nord) vous émeuvent. Je compte y retourner pour visiter le Sud. Nous y sommes allés grâce à un ami malgache qui tient une boutique dans notre ville : « le comptoir malgache » ; j’ai fait un billet sur lui et son commerce. Cliquez sur le mot clef « Madagascar » pour avoir ses coordonnées et n’hésitez pas à l’appeler .

  4. Je tombe par hasard sur votre billet, je suis ravie. Je suis malgache et j’ai quitté mon pays depuis quelques années. Comme tout malgache, je ne connais pas tous les coins faute de voyage découverte. Vous m’avez fait voyagé, Merci = Misaotra tompoko.

  5. Bonjour,
    Amoureux de Madagascar, vous le serez !
    Vivre des aventures, être en paradis, mais sur terre, apprécier les soirées magiques à la plage, visiter des lieux incroyables, admirer les faunes et flores spécifiques de Madagascar.
    Afin de s’épanouir pendant vos vacances.voyager à Madagascar.
    Merci pour le partage.

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