Rencontres à Madagascar (suite 10)

Rencontres à Madagascar (suite 10)

Une entreprise pas comme les autres, made in Madagascar.

Violette et Dieudonné, mari et femme, habite la banlieue de Tananarive. Il était professeur , elle était sportive de haut niveau.
Leur vie maintenant est consacrée aux autres.
Avec sa bourse il est venu en France pour étudier le dessin et plus spécialement l’art des objets.
Ils ont mis en commun leur volonté d’agir pour et avec les Autres.

Ils ont créé leur entreprise de ferronnerie et ferblanterie d’art.
C’est Falo notre guide qui nous a emmené à ce paradis, plus exactement cet artisanat pas comme les autres.

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Une précision, quand on y arrive , nous n’avons pas l’impression du paradis mais plutôt de l’enfer tant le bruit des marteaux sur les enclumes est assourdissant, il y a même le feux des chalumeaux partout.
Mais quand même à voir de plus près, c’est le paradis.
Le bonheur de discuter avec Violette et ensuite de parcourir les divers ateliers est une bénédiction.
Ici chacun s’affère avec sérieux mais bonne humeur (la radio est réglée au plus haut). Que ça change d’une entreprise ordinaire, on ne voit pas bien le management car chacun donne l’impression de savoir ce qu’il a à faire ! On peut rencontrer le patron qui enseigne à un nouveau venu ou qui indique comment confectionner une nouvelle pièce. Parfois Violette se rend sur un chantier pour faire accélérer le processus.
Mais où sommes-nous vraiment ?
Violette et Dieudonné ont crée une entreprise d’insertion.

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Dieudonné entrain de montrer une pièce à fabriquer

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Violette lors de notre conversation

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Ils font travailler 430 hommes et femmes . Ce qui étonne c’est le nombre d’enfants en bas âge, c’est que les mamans peuvent venir travailler avec leurs enfants ; les petits restent avec elles et les grands vont à l’école de l’entreprise.

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Pour les tous petits il y a une crèche « familiale ».
Ces personnes pourraient aller travailler dans les innombrables ateliers de la grande ville, pourquoi sont-ils là ? Parce que Violette et Dieudonné vont chercher les plus démunis et spécialement les paumés, les handicapés, les sortis de prisons. Nos entrepreneurs pas comme les autres, s’occupe même de la santé de leurs ouvriers, ils apportent une attention particulière au suivi psychiatrique de certains.
Violette et Dieudonné connaissent bien les difficultés de pauvres , pour eux deux priorités après le travail, l’enseignement des enfants et au logement.
A quelques encablures de l’entreprise se trouve un lotissement, c’est la cité de transit où l’on peut rester que 6 à 12 mois. Attention pour être logé en famille, il faut être marié civilement, chez Violette et Dieudonné on ne badine pas avec l’amour…tout simplement ça permet d’avoir l’assurance que le couple est officiel et stable.
Une fois que les parents ont de l’argent ils construisent leur maison (souvent en équipe) sur un terrain acheté par l’entreprise, ça facilite beaucoup l’accession à la propriété .
Coté école, nous l’avons visité ; elle se construit à 200 mètres des ateliers. C’est la propriété de l’entreprise donc considérée comme école privée (comme beaucoup à Tananarive).
Nous avons eu le bonheur de rencontrer les institutrices, nous en dresserons un portrait prochainement.
Revenons à Violette et Dieudonné, les « patrons ». Ils habitent là, au dessus des espaces de vente, une grande maison très simple, toujours en construction.
Ils ont trois enfants qui s’appellent …Foi, Amour (le garçon), Espérance et Bénédiction . Tout le programme et la croyance de leurs parents.
Continueront-ils l’œuvre de leurs parents ? Pour Violette : pas l’ombre d’un doute, « tant ils sont élevé dans l’amour des autres ».
Où donc Violette et Dieudonné puisent-ils leur énergie quotidienne pour faire marcher une telle entreprise ? La foi peut être (j’ai cru comprendre qu’ils sont catholiques), de toute façon, la foi dans le Prochain « on ne peut pas laisser les gens dans le désarroi et la désespérance, ce sont des êtres humains ». A noter que l’entreprise est ouverte à tous sans préférence et exclusive liées à la religion.
Cette question aurait valu une rencontre spécifique, mais nous ne pouvons les déranger plus ils ont tant à faire.
Nous sommes là d’abord, pour choisir et acheter les sympathiques œuvres de ferronnerie. « Ca sort de l’ordinaire des artisanat pour touristes des marchés malgaches, ces ferronneries ont été créé par Dieudonné, certaine sont d’un modernisme étonnant. La boutique nous donne que l’embarras du choix. Nous en profitons pour faire nos cadeaux de Noêl, chut…

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Au fait j’ai omis de préciser que la matière première, par exemple les bonbonnes de gaz qui constituent le tronc des boababs, ou les tonnes de tôles viennent de la récupération. Dieudonné est aussi militant de la Terre. Ce n’est pas étonnant il est malgache et ici à Madagascar il n’y a pas de gaspillage, tout se transforme .

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Merci à Violette de nous avoir reçu et merci pour le témoignage qu’ils nous ont montré. Une fois de plus ils nous démontrent que les malgaches sont géniaux et qu’ils n’attendent pas pour s’engager pour le vivre mieux de leurs concitoyens. Je ne suis pas sûr qu’ils le souhaitent trop tant est normal ce qu’ils font, mais quand même leur initiative pourrait être plus connue ! Puis-je donner envie à quelques journalistes de nous faire un document plein d’espoir ? D’ailleurs je suis prêt à les accompagner tant j’aimerai passer de longs moments en compagnie de toutes ces personnes si fières de leur travail plus exactement de leur ouvrage.

5 réactions au sujet de « Rencontres à Madagascar (suite 10) »

  1. En sortant des sentiers battus en aout dernier nous avons eu la chance de visiter l’atelier et histoire de se simplifier la vie de faire l’emplette d’un Baobab qui trône désormais dans notre salon. Une vraie épopée…

    Par contre nous avons perdu les coordonnées précises de l’atelier. Les avez vous, ou leur mail ?

  2. J’y suis allée en octobre, j’y retournerais et je transmet afin que d’autres viennent….acheter.

    Je dis BRAVO à tous, merveilleux de retrouver sa dignité à travers un emploi, les malgaches sont extraordinaires.

    Trés trés fort !

  3. Je viens d’apprendre par hazard le décèa d’André Castelli. Je suis très triste, il aimait beaucoup ces pays.
    Qui pourrait m’en dire plus

  4. j y suis allee dernierement ce qu ils font est magnifique j aurais aime rapporter un grand baobab mais avec l avion je me suis contentee de petits.1000 bravos

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