Retour de Terre… sainte (pays des Check Point)

Retour de Terre… sainte (pays des Check Point)

Check Point ou… tranche de vie quotidienne des bethléeméens en 2015 ou … le choc de ce voyage.

Aujourd’hui, dernier jour de notre séjour touristique à Bethléem. Nous décidons de retourner à Jérusalem. Nous choisissons de passer ce matin par le check point, passage obligé des Palestiniens pour sortir de leur ville de 150000 habitants.

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Nous devons suivre un long couloir qui nous fait penser au cheminement des tigres dans les cirques.
Nous devons suivre un long couloir qui nous fait penser au cheminement des tigres dans les cirques.

A notre arrivée il y a une foule énorme. Pourquoi tant de monde à cette heure tardive de la matinée, 8h30 ?

Pour des raisons de sécurité, l’armée israélienne a « bouclé » les territoires palestiniens par un mur de près de 800 km et 7 m de haut, dont l’édification a commencé en 2002.  Les militaires israéliens contrôlent chaque passage dans des check point.  A noter que l’Assemblée Générale de l’ONU a condamné la construction de ce mur le 21 octobre 2003 par 144 voix contre 4.

Le mur de séparation, de la honte, de l’apartheid, selon...
Le mur de séparation, de la honte, de l’apartheid, selon…

Très vite, surprise, nous reconnaissons Jouad*. Nous avions dîner chez lui, l’avant veille. Il nous explique que « Les soldats ont fermé les portes, il y a une heure, et l’on ne sait pas quand ils se décideront à ouvrir, il faut attendre ça peut durer une heure encore ou plus. » (* les prénoms sont modifiés)

Avec lui nous assistons au quotidien des palestiniens .

Jouad travaille à Bethléem dans une entreprise familiale. Après plusieurs semaines d’attente, il vient d’obtenir un laissez-passer d’une journée. Avec ses enfants, il part à Tel-Aviv voir …la mer. Ils ont de la chance car beaucoup d’enfants de Bethléem n’ont jamais vu la mer ! Ce contre temps  va écourter leur balade mais il faut en profiter c’est tellement rare un laissez-passer même d’une journée !

Heureux de nous montrer son document de rêve d'un jour
Heureux de nous montrer son document de rêve d’un jour

 

Pendant cette attente, qui  nous parait interminable, les palestiniens donnent l’impression d’un certain fatalisme.  Des femmes nous demandent de prendre en photo leurs enfants . Tout le monde attend là impuissants… mais jusqu’à quand ? Ces moments nous paraissent explosifs ; il fait chaud, l’ambiance d’enfermement est si oppressante que toute rébellion ou impatience violente serait immédiatement réprimée.

Anectote, une femme, maquillée et cheveux blonds, sans foulard, sûrement chrétienne , semble très pressée ; elle nous interpelle, mécontente de notre présence car les touristes bénéficient d’un passage spécial pour sortir de Bethléem. Pourquoi cette réaction ? Est ce que notre tout petit groupe perturberait le passage de ces centaines de personnes ? Ou plutôt n’a-t-elle pas le sentiment d’être humiliée en s’exposant dans une telle situation ? Après discussion et en apercevant nos appareils photos (pourtant interdits), elle nous sourira et pensera sûrement que nous pourrons témoigner avec plus de réalisme de ce quotidien-prison.

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L’attente

C’est ce qui m’a encouragé à faire ce billet dans mon blog plutôt réservé au positif de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

Soudain la rumeur enfle que le passage est ré-ouvert ; alors tout le monde se bouscule pour passer plus vite ;  nous voyons des petits enfants qui risquent d’être écrasés. L’excitation est à son comble, des personnes tentent de passer sous les barrières pour gagner quelques places, d’autres s’interposent bruyamment et souvent violemment . Nous apercevons les tourniquets en fonctionnement ça passe enfin. Nous franchissons plusieurs sas . Quelle file choisir ? Celle qui ne sera pas retardée par les problèmes de papiers ou de faciès d’une personne devant nous… Pour le touriste, le militaire de faction, honteux, ne sortira même pas de sa cabine. Quelle rôle difficile pour ces jeunes appelés !

 

Nous aurons vécu ce passage pendant plus d’une heure, ce n’est pas grave, nous sommes en vacances et nous voulions partager ce quotidien des amis que nous avons rencontrés lors de notre séjour ; mais nous pensons à ces travailleurs qui en retard, risquent de perdre leur emploi déjà si précaire. Ils doivent s’adapter et se lever toujours plus tôt ….

Nous n’avons pas revu Jouad, car il ne fait pas bon rester dans ce lieu. J’espère qu’il n’a pas été inquiété à cause de notre entrevue, car les caméras surveillent tout au long de ces couloirs .

Pendant près de deux heures  nous avons vécu une expérience qui nous a profondément choqué.  Malheureusement elle est le quotidien d’enfants, de femmes et d’hommes innocents qui n’ont pas d’autre choix d’habiter là, en territoire occupé . Drôle de civilisation qui fait revivre indéfiniment l’histoire…

Ouf ! nous sommes sortis
Ouf ! nous sommes presque sortis, toujours entre barbelés et palissade.
Les cars n'ont pas d'horaires, pour accueillir les voyageurs à leur sortie du check point.
Les cars n’ont pas d’horaires, pour s’adapter aux sorties des voyageurs du check point.

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