A la rencontre des cousins d’Amérique

A la rencontre des cousins d’Amérique

Du 29 juillet au 13 Août  1994, il y a donc 26 ans, nous avons visité le Québec  « chez l’habitant » , cela nous a donné l’occasion de rencontrer ces fameux cousins d’Amérique et tout simplement des québécois. Nous avons eu la chance d’être reçus dans  5 familles d’accueil de milieux différents de la société québécoise.

Première rencontre, Eric, un guide qui enjambe les portillons de métro

Nous venons d’atterrir à l’aéroport de Mirabel-Montréal, il nous faut rejoindre l’Hôtel du Parc que l’agence de voyage nous a réservée. Dans le bus qui nous conduit au centre de Montréal (50km), nous faisons la connaissance d’un jeune homme, il est triste car il vient d’accompagner son amie qui retourne en France… Plein d’empathie, il nous propose de nous aider pour rejoindre notre hôtel. Arrivé au centre de Montréal, nous le suivons dans le métro. Notre québécois de rencontre nous conseille pour acheter un ticket mais lui n’en a pas besoin, devant nous, médusés, il enjambe le portillon. La station de métro est déserte, les passagers sont plus des « promeneurs » du soir que des touristes. Très disciplinés, nous suivons notre accompagnateur amateur, il est vrai qu’à ce stade nous n’avons pas d’autres choix . Avec lui nous quittons le métro et nous nous retrouvons dans une rue très animée. Nous sommes entrain de réaliser une visite nocturne de Montréal, mais je n’avais pas la tête à faire des photos ! Nos valises sont de plus en plus lourdes et notre sac à dos remplis de 6 bouteilles de Bordeaux pour les amis dépasse les quantités légales… Les seuls commerces ouverts sont des boites ou des bistrots, nous apprendrons plus tard  que nous étions dans la rue la plus mal famée de Montréal. C’est là que notre guide d’un soir nous abandonnera après nous avoir précisé en québecois que rejoindre notre hôtel sera facile. Heureusement un bus de nuit passera par là et nous arrêtera à l’Hôtel du Parc.

Hébergés à l’Hôtel pour ces trois premiers jours suivants nous sommes allés à la rencontre des québécois de Montréal.

Québécois de Montréal

Un air de  Manathan

 

Un grand mariage au centre de Montréal, un événement ! il paraît que les québécois se marient de moins en moins.

Deuxième rencontre impromptue

Pour souper , dans la file d’attente du restaurant, nous entrons en conversation avec un couple, Carole et Daniel. Puis à la même table, nous passons la soirée. Ils nous guident dans le choix des mets et malgré un accent dont nous ne sommes pas encore habitués, nous discutons comme si nous nous connaissions de longue date.  Je me souviens qu’ils avaient laissé leurs enfants à leurs parents et qu’ils sont agriculteurs dans la région québécoise nommée Beauce, au sud de Montréal  …  L’ambiance très agréable de cette première vraie rencontre nous laisse présager encore de bons moments dans les familles qui nous attendent.

Rencontres avec des artisans…

Un constructeur de canoé, en pleine vente
Bernard, spécialistes « Harnais-fond de chaises-raquettes » à St Aubert.  Il nous montre le processus de fabrication des raquettes à neige.

Nous avons imaginer les conditions de travail des ouvriers québécois

Ceux qui  extraient l’amiante dans le plus grand gisement du Monde et qui habitent dans les environs et principalement dans la ville de Thetford-Mines entièrement blanchie par les filaments silicatés emportés par le vent . Depuis plusieurs années ces mines sont fermées car l’utilisation de cette matière est bannie dans le Monde, compte tenu de sa nocivité pour l’homme.

Un des cratères d’exploitation de l’amiante à ciel ouvert et visitable

Les draveurs qui en équilibre sur les troncs d’arbre, sont chargés d’en contrôler la libre flottaison .

Du coté de Sainte Tite entre Trois Rivières et Ste Ubalde

Ils sont agriculteurs

Claire et Jean Paul, notre première famille d’accueil venait de laisser leur exploitation agricole  à un fils. Ils pouvaient maintenant être plus disponibles pour l’accueil des français.  Ils habitent la région de père en fils car c’est un de leurs ancêtres qui en a défriché les terres. D’ailleurs de temps en temps les ours nostalgiques rodent dans les environs.

Les enfants effeuillent les pommes de maïs une des productions agricoles la plus importante.

Une tradition d’accueil très ancrée

Monique, comme sa mère, comme sa grand mère, accueillent des « cousins français ». Malgré ses trois enfants et son travail en dehors elle réussit à trouver du temps pour nous. De plus son mari Ronald à la sortie de son usine nous a fait visiter sa région, un musée et l’artisan qui fabrique les raquettes (voir ci dessus). L’hiver, le loisir de Ronald est de chevaucher sa moto neige pour parcourir les étendus neigeuses.

la photo de famille entre « cousins »

Colette et Jean Claude à Hébertville, nous ont invité au bal des cousins français qui se déroule dans sa commune. Ils ne manquent pas ces rendez vous lorsqu’un bus de visiteurs français libère ses voyageurs dans plusieurs familles de la région. Ces party sont organisées par l’association de Jean Claude (sur la photo c’est lui qui fait le discours) . Ces touristes repartirons le lendemain matin de bonne heure, nous, nous aurons la chance de rester deux jours avec nos nouveaux amis.  Nous « jaserons » longuement, abordant des sujets aussi divers que l’éducation des ados ou l’entretien du « char », la voiture pour démarrer l’ hiver quand l’on est commercial comme Jean Claude.

Une pratique religieuse très ancienne

Les premiers colons venant de France étaient catholiques. Les premiers missionnaires jésuites arrivèrent en 1634. L’un d’eux a été martyrisé en Haute Mauricie.

Sanctuaire de Notre Dame du Cap près de Trois Rivières qui honore des premiers colons

Avant chaque hébergement nous avions rendez vous à 17h30, dans un lieu dont l’adresse nous avez été fixée auparavant. Curieusement à Rock Island le lieu de rendez vous était une église. De plus en plus les édifices religieux servent pour des activités sociales. C’est là que Roger est venu à notre rencontre. Après un pot d’accueil dans le sous sol de l’église, il nous a emmené chez lui en passant par l’usine dans laquelle il travaille, une usine de taille et de coupe de granit.

Dans sa maison nous avons fait la connaissance d’Estelle, son épouse. Elle nous avait préparé la meilleur chambre, celle qui allait nous préserver des mauvaises pensées sous la surveillance d’un Christ inoubliable comme le fut ce séjour près des québécois toujours plein d’humour.

Lors de notre dernier jour, à Hull, banlieue d’Ottawa, nous étions hébergé chez  Pierrette, salariée d’une grosse entreprise d’Otawa, la capitale. Son objectif principal est de retourner tous les ans en vacances à Cuba, comme des centaines de canadiens que l’on retrouve sur les plages cubaines.

En visitant Ottawa, l’anglaise, nous allons nous rappeler que le Québec, est dans une Fédération, le Canada avec ses institutions, son armée, etc…

Malgré  d’anciennes revendications et malgré toutes les particularités que nous avons aimées et un peu partagées pendant ces quelques jours d’août 1994, le Québec n’est pas autonome et c’est peut être bien comme cela, il nous démontre les bienfaits de la vie entre citoyens de langues, de religions et de culture différentes .

Affiche vue dans le métro de Montréal

Pourquoi tant de bonheur quand dans le Monde nous croisons le chemin de québécois ? Je me souviens encore du groupe de spécialistes de la langue française rencontrés à Ouagadougou qui travaillaient sur des livres de lecture pour les élèves africains. Peut être qu’en dehors d’une langue commune ce sont les valeurs communes d’humanisme qui nous rapprochent.

Merci encore à ces québécois toutes et tous un peu cousins et toujours pleins d’empathie pour les français qui viennent les rencontrer.

Si par le hasard d’Internet des amis se reconnaissaient dans ce billet, quel plaisir j’aurai à les revoir ou au moins à lire et faire partager leur commentaire.

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