Continuant notre promenade dans la Meuse, nous nous arrêtons à Avioth.

Au sommet d’un village de 130 habitants, nous stationnons sur la place de la Basilique. Il est midi, le lieu est un peu désertique, mais nous avons devant nous un joyau de l’art gothique flamboyant.

Étonnant,  nous sommes au nord-est de la France et cette place à un petit air de Bretagne. Aucune relation  nous dit-on.  Pourtant la couleur des murs (ici la pierre est du calcaire) des grandes et solides maisons qui entourent cette place est la même. L’édifice qui précède le grand porche de l’église, nous déplacent dans le Finistère riche de ses enclos paroissiaux et portes des morts. A Avioth, ce monument est appelé « La Recevresse », il  est unique au monde, il a pour principale fonction  recevoir les offrandes des pèlerins.

Près du portail sud, cet édifice flamboyant est appelé Recevresse.

A l'intérieur de la Recevresse...

 

Le portail sud donnant sur la place.

 

Détail du tympan, le miracle de la moisson en Galles, sujet repris par de nombreux sculpteurs du Moyen Age. Ce dernier est actuellement étudié par un spécialiste en Israël.

Portail ouest, l'entrée principale avec son immense rosace.

Portail ouest, le portail central.

Au sommet de ce portail, Christ bénissant la foule des pèlerins

Notre Dame d'Avioth, patronne "des causes perdues", vénérée depuis 900 ans.

Quelques photos prises à l’intérieur de la Basilique

 

03. juin 2012 · 2 commentaires · Catégories: Mes rencontres · Tags:

La semaine dernière nous étions en Meuse

Rencontre-souvenirs .

Nous sommes en 1940, ma mère est en vacances chez son cousin, le curé de Juvigny sur Loison, petit village à quelques kilomètres de la frontière belge. Mon père est au front à Montmédy pour observer si toute fois les allemands passaient par la Belgique pour envahir la France. Son lieu de casernement est Juvigny . Et c’est en allant chercher la clef de l’église qu’il rencontre la jeune fille du presbytère… Ils se marieront, ferons de nombreux enfants et vivront ensemble jusqu’à leur décès (maman il y a 3 semaines)…

Ancien presbytère de Juvigny, maintenant la mairie

Eglise de Juvigny sur Loison (1772-76)

Intérieur de l'église, au fond les orgues, très remarqués pendant mes vacances d'enfant

Dans cette église, reposent des reliques de Sainte Scholastique, soeur jumelle de St Benoit. Un pèlerinage très suivi a lieu tous les ans en février.

Plus tard dans les années 50, je me souviens de ce village car j’y ai vécu des vacances à la découverte de la campagne, moi le citadin.

Nous venions voir ma grand mère au service de son cousin, le curé, j’y ai découvert les travaux de champs, les foins, les blés, les installations très modernes pour l’époque pour stocker le foin. Je me souviens également avoir construit sur un modèle de Rustica des tracteurs et charrettes en bois pour ramener à la ville ma découverte.

Nous sommes bien dans sa paroisse, le nom "Bechet" , notre cousin est bien inscrit.

Je ne me souviens pas que ce village abritait les ruines d’une immense abbaye détruite à la révolution. Pourtant les seuls vestiges importants, 30 mètres d’un énorme mur d’enceinte crénelé, s’élevait de l’autre coté de la rue. Quand on  a 10 ans les ruines ont sûrement peu d’importance.

En face du presbytère, l'unique vestige de l'abbaye, une partie de son mur d'enceinte.

Voir les liens suivants : sur les reliques de Ste Scholastique , sur Juvigny sur Loison

Souvenirs gastronomiques.

A trois kilomètres de Juvigny, distance que nous parcourions à pieds à travers bois, nous allions souvent à Louppy . C’était la fête, car l’amie qui nous invitait nous préparait des mets et les gâteaux inhabituels. Elle passait tous les hivers à Paris, elle devait connaître des recettes nouvelles. En plus à Louppy elle avait deux vaches, elle ne lésinait pas sur le la crème ! Je me souviens de difficultés digestives…avant d’aller assister aux vêpres…

Mademoiselle G. habitait là sur la rue allant au château.

Eglise de Louppy sur Loison, plus récemment reconstruite sur les fondations d'un ancien château fort

En facade de l'église de Louppy la statue de Jeanne d'Arc, l'héroine originaire de la Meuse (au sud)

Voir aussi les liens suivants : sur le château , sur Louppy

Rencontres d’aujourd’hui.

Johan et Véronique

Johan et Véronique tiennent l’unique gite du village. Ils ne sont pas originaires du village, mais qu’importe ; leur français un peu hésitant ne les empêche de dialoguer avec nous. Nous apprendrons qu’ils viennent de Belgique flamande. Ils ont quitté leurs activités belges, lui entrepreneur, elle sertisseuse,  pour enrichir le tourisme dans cette région limitrophe. Johan, tailleur de pierres, restaure les maisons. Et Véronique s’occupe du gîte et du couvert puisqu’elle vient de suivre spécialement des cours de cuisine.

Nous aimons les tables d'hôtes pour la chaleur et le partage des repas en famille. Premier plan à droite Johan, au fond à droite Véronique.

Un des délicieux plats préparés par Véronique

L'entrée de notre gite

Le chêne, le bois local favori domine dans notre gite.

 

Pour une petite flambée...

 

Les bûches pour les flambées cohabitent avec la documentation en plusieurs langues sur la région et ses nombreux loisirs.

Se réveiller avec sur la campagne meusienne, un bonheur.

Les deux soirs passés à leur table ont été très enrichissants ; nous avons parlé économie, l’économie locale, l’agriculture fait vivre de moins de jeunes et ceux ci doivent d’expatrier à quelques kilomètres. Le cheval de bataille de Johan c’est le tourisme, il y a tant de maisons à restaurer et à réhabiliter en gite par exemple. Il a même proposer de faire de cette activité un chantier d’insertion, moyen de diminuer un peu le chômage des jeunes qui est important dans la région. Dans les autres sujets de discussions, pas de problème pour aborder la question Flandre-Wallonie avec ces flamands très ouverts. Pas de catastrophe, pour eux l’unité de leur pays sera préservée, grâce à la solidarité entre les deux régions. Ca fait du bien d’entendre cela dans l’ambiance chacun pour soi de notre Europe.

Entête du site de Johan et Véronique

 

Madame et monsieur le Maire.

Pourquoi lorsque nous nous sommes arrêtés sur la place de l’église, ce couple est-il sorti de sa maison pour venir nous parler ?

Petit à petit, à l’aide de nombreuses anecdotes, nous avons revécu l’histoire de Louppy. Les histoires familiales de Mademoiselle G. cette fameuse amie qui nous invitait  il y a près de 60 ans. Les histoires avec la noblesse du château qui maintenant surplombe le village et qui, il y a plusieurs décennies , dominait les villageois et même l’église. Les histoires de l’occupation allemande après 1940. Les histoires de ce maire qui depuis 1977 gère cette commune de 120 habitants. Nous avons eu la chance de visiter la mairie toute neuve depuis que l’école a été transférée à Juvigny.Tranquillement nous avons laissé monsieur le maire, il devait préparer le monument aux morts à une cérémonie organisée par l’association des anciens instituteurs victimes de la Guerre.

Madame et monsieur Fleury dans la nouvelle salle du Conseil.

Le chateau de Louppy, style renaissance datant de 1620, le plus grand chateau renaissance de Lorraine