Il s’agit d’un petit livre édité sous forme de dictionnaire. Il est ma révélation de l’été. J’en ai même acheté deux à la demande d’un de mes fils.

Je ne sais pas pourquoi j’ai manqué sa parution, en début de l’année 2016.

J’ai découvert son existence en réécoutant une émission de  France Culture, dans la série « Culture d’Islam » diffusée le 26 juin 2016.

Je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager des extraits de l’émission intitulée « Pratiques cultuelles et laïcité »  et des passages intéressants et étonnants du livre.

Pourquoi une révélation ?

Parce que ce dictionnaire se situe au quotidien, sur des sujets d’actualité souvent discutés autour de nous, concernant la place des religions dans la société. Qu’il a été rédigé par un éminent philosophe Régis Debray et un spécialiste Didier Leschi. Que ces auteurs n’ont pas reçu de mandat gouvernemental ou politique. Qu’ils ont réalisé ce livre pour nous apporter très simplement les informations juridiques et historiques afin de mieux comprendre et se situer mieux. Enfin je suis convaincu que ce petit livre pourrait changer la vie de ceux et celles qui trop sûrs de Leur vérité se sentent paumés. Plus »

J’ai vu et entendu, ensemble un Imam, un pasteur, un évêque…

Hier soir nous avons répondu à l’invitation du Centre Œcuménique de La Source dans une église d’Orléans.
Plusieurs confessions orléanaises étaient représentées, les juifs, les musulmans, les orthodoxes, les églises chrétiennes et les catholiques.
Les organisateurs ont égrainé le nom des victimes des attentats de Paris,  au journal Charlie Hebdo, dans le magasin cacher et parmi les policiers, puis 3 portes-paroles des confessions présentes se sont exprimés.

Devant l'autel les représentants des confessions orléannaises

Devant l’autel les représentants des confessions orléanaises

J’ai noté que l’imam de la mosquée d’un quartier d’Orléans, porte parole des musulmans, a déclaré que « de cette grave épreuve nous sortirons grandis grâce aux valeurs qui nous unissent ». Le religieux à rappeler le Coran  » quiconque tue une personne c’est l’humanité entière qu’il tue ». S’adressant à un public connaisseur il a précisé que  » le meurtre est un péché capital ». Il a conclu par son souhait de « construire ensemble un projet de société pour la liberté d’opinion et de conviction ».

Texte de cet Imam : CO-Interreligieux-RIFAI-150115

L’évêque d’Orléans a mis l’accent sur la rencontre et la fraternité « qui est un combat car il n’y a pas de liberté sans égalité et sans fraternité ». Précisant que la tolérance n’est pas la fraternité.
L’évêque au nom des chrétiens conclue en rappelant  » nous n’avons un seul père, nous sommes tous frères ».

L'évêque d'Orléans s'exprime

L’évêque d’Orléans s’exprime

La représentante de la communauté juive remplaçant le rabbin a regretté l’antisémitisme et s’est souvenu des 3 enfants toulousains tués dans leur école en 2012.

Dans un deuxième temps les représentants des communautés ont lu des textes importants de Défenseurs de la liberté dont Martin Lutter King et Mandela.

Le troisième moment de ce rassemblement a été consacré aux « engagements » de toutes composantes de la société, des artisans, ouvriers, aux artistes, religieux, poètes, militants, enseignants pour œuvrer dans le respect des autres, la fraternité.

La foule des croyants présents

La foule des croyants présents

L’église était pleine, on estime à 1000 le nombre de personnes présentes. Certes le public était plutôt  âgé (horaire pas très adapté à ceux qui travaillent) et relativement homogène en matière d’origine , pas suffisamment  à l’image de nos quartiers (mais pas plus que lors des gros rassemblements dont les médias nous ont noyé). Dommage que nos amis musulmans soient venus encore plus nombreux, même avec leur habitudes vestimentaires, ils auraient été en confiance. A cette rencontre les « Je suis Charlie » ont tendu la main aux « Je ne suis pas Charlie » ;  j’ai l’impression que les participants par leurs engagements dans la vie quotidienne ne veulent pas voir la France coupée en deux entre les « Je suis Charlie » et les autres.

Heureusement ! même à Orléans… personne n’a entonné la Marseillaise…c’est le chant de paix de St François d’Assise qui a réuni l’assistance.

J’ai beaucoup apprécié cette rencontre après cet événement d’une extrême gravité pour le vivre ensemble. J’espère que d’autres rencontres interreligieuses auront lieu pour se connaître , pour se comprendre, pour  vivre ensemble nous n’avons pas le choix dans notre environnement mondialisé.

Voir aussi le document de cette cérémonie : CO-Interreligieux-150115

Ce conseil est de St Augustin et c’est le titre du film de Malgorzata Szumowska, réalisatrice polonaise.

A noter que St Augustin, le premier philosophe chrétien, a vécu entre 354 et 430 et que le célibat des prêtres a été décidé par le Concile de 1123.

Ce film vient de sortir en France le 1er janvier 2014, nous avons beaucoup aimé !

L'affiche du film

L’affiche du film

Pourquoi ?

1/Le drame se déroule en Pologne, un pays que j’ai parcouru à plusieurs reprises en 1996 et plus tard.Un pays rural et traditionnel aux paysages reposants (les lacs, les forêts de conifères d’une hauteur exceptionnelle, des plaines luxuriantes. Tout ce que j’ai retrouvé dans ce film.

2/En Pologne la religion y est très importante surtout sous le joug communiste avant Lech Valesa puis le futur pape Jean Paul II ; l’église catholique semblait être un refuge.  Les prêtres avaient un rôle considérable. Malgré la pauvreté des campagnes des églises se construisaient. J’ai souvent été impressionné par la religiosité des personnes de toutes conditions; chaque matin des personnes en costumes-cravates venaient s’agenouiller sous le porche de l’église pour prier avant de partir au travail. J’ai vu également des files d’attentes pour se confesser. Les pélerinages rassemblaient des foules de jeunes. J’ai vu aussi les jeunes prêtres nombreux et heureux de leur situation dans la société.

3/ Les personnages de « Aime, fais ce que tu veux » sont les personnes que nous avons rencontrées . Les prêtres sont remarquablement intégrés à la société, ils vivent avec les jeunes… Les jeunes femmes les servent …

4/Nous avons souvent été interrogatifs devant la proximité des curés avec leurs paroissiens et paroissiennes .

Adam apprend ...à nager .

Adam apprend Lukasz à nager .

Ce film répond à notre étonnement d’une façon presque poétique ; le célibat des prêtres et l’oppression ambiante de la religion leur permet-il d’aimer ? et de faire ce qu’ils veulent ?

La réalisatrice n’hésite pas à poser le problème en montrant l’héroïsme de ce prêtre tout en nous montrant dans une dernière image que la situation va encore se prolonger tant il est confortable d’être prêtre en Pologne .

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Malgorzata Szumouwska, la réalisatrice du film, a été dans la même école que Wajda.

Ce film semble avoir été très critiqué en Pologne tant il bouleverse la société et les traditions .

Le thème du droit à l’amour pour les prêtres catholiques est universel, malheureusement nous étions 4 dans la salle de cinéma hier soir et je crains beaucoup qu’il soit rapidement retiré de l’affiche. Dommage, la musique est agréable, les acteurs surtout celui qui joue le rôle de Adam le prêtre sont exceptionnels et les images sont majestueuses ; le jeu dans les maïs, le footing sous les sapins, les plongeons dans le lac, la procession au St Sacrement dans la campagne sont des scènes admirables.

J’espère que ce film continuera à recevoir des récompenses . Pourquoi pas celle du meilleur film étranger aux Césars.

« Aime, et fais ce que tu veux  » a été conseillé par « Courrier International  » qui est partenaire de ce film: . »..un film qui brise les tabous, par son sujet…Bien reçu par la critique, primé dans différents festivals, le film a fait 200 000 entrées lors de sa sortie en Pologne, devant les blockbusters traditionnels, comédies sentimentles et autres films d’action à gros budget. »