La pauvrophobie.

Ce mot n’existe pas dans le dictionnaire mais le Mouvement ATD Quart Monde le propose . En effet les pauvres ont tendance à nous déranger et par conséquence sont de plus en plus discriminés.

Entendu

Dans la rue : « les SDF, ça fait tâche » sur les trotoirs de notre centreville ; ils sont toujours à  « quémander » et ça nous gêne ; « un euro » pour aller s’alcooliser. Leurs chiens nous étonnent quand ils ne indisposent pas contrairement « aux petits chiens de leurs mémés ». Certaines municipalités les chassent par arrêtés municipaux. Aux feux rouges ils se lancent sur notre voiture pour en laver le pare brise, ils risquent de se faire culbuter, les pauvres. Dans les quartiers périphériques on les voit peu sauf aux abords du Resto du Cœurs certains jours.

Dans le supermarché :Ils ne remplissent pas leur candie  à ra bord  sauf en début de mois lorsqu’ils paient avec leur carte alimentée par un nouveau crédit à la consommation. Dans les allées, ils comptent l’argent de leur porte-monnaie, achetant juste ce que leur argent leur permet.  Et quand ils se sont trompés et qu’ils remettent à la caissière les produits qu’ils ne peuvent pas payer, ça nous gêne car àa freine la file d’attente.

Au resto du cœur : il y a ceux « qui abusent » en refusant des aliments que leur religion interdit ou qui sont « quand même trop exigeants »…

Il y a tous ceux qui se cachent et pour lesquels on fantasme parce qu’ils vivent en profiteurs de la société. Nous on sait faire notre budget, on sait compter on ne dépense pas à tord et à travers. Nous on a pas besoin de téléphone aussi luxueux.

Nous, on ne va pas en Afrique,  « il y a trop de pauvreté », nous on part pour se reposer ! Et puis c’est pas bien pour les enfants …

En Afrique, faute de pharmacien et de Sécurité Sociale, les gens achètent sur le marché des médicaments venant de trafic

Pour nourrir leurs enfants ces femmes transportent journellement plusieurs m3 de sables

Et puis c’est quoi être pauvre ? Avoir un salaire de misère comme fonctionnaire !

Quand même

Ça peut nous arriver en cas de séparation, de chômage, de maladie avec les loyers ou les remboursements de prêts à la hauteur de la situation « quand tout allait bien ».

Et c’est peut être la raison profonde voir inconsciente qui nous pousse de plus en plus à la pauvrophobie.

Le principal maintenant est que ce sentiment qui se répand dans notre société ne soit pas un élément de plus qui perturbe le vivre ensemble, le collectif. Et surtout que nos prêcheurs-populistes ne s’en apparent pas pour satisfaire leur clientèle « tout à leurs problèmes » . Question : dans la cour de l’école est ce que ce sentiment agite « les petites têtes blondes » ?

En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté – 3e édition (2017)

Alors il est important de sensibiliser notre entourage à l’existence de plus en plus présente dans la société de ce (presque nouveau) sentiment et comportement qu’est la pauvrophobie ; au moins en désignant cela par un mot simple en analogie avec d’autres comme l’homophobie, la xénophobie, ou la claustrophobie on comprend plus facilement ce mal. ATD Quart Monde nous explique que ce mot entrera dans le dictionnaire lorsque qu’il sera employé le plus souvent à la la radion, à la télévision, dans les publicités et sur internet.