Nous côtoyons de plus en plus des personnes dont les origines familiales sont hors de nos frontières régionales et même nationales. Très souvent les amis nous parlent de leurs grands parents venus d’Italie, de Pologne, d’Espagne, du Portugal et maintenant du Maroc, et autres régions du Monde.

Samedi soir notre maire racontait avec beaucoup d’émotion, l’histoire de son grand père immigré espagnol, arrivé dans la région en 1936, chassé par le régime franquiste.  Il s’exprimait ainsi devant les invités de l’inauguration de l’exposition élaborée par l’association régionale « Mémoires Plurielles », intitulée « Histoires de migrations » .

De gauche à droite, Hélène Mouchard-Zay (Présidente de Mémoires Plurielles), Olivier Carré, maire d’Orléans, Hélène Bertheleu, (co-commissaire de l’exposition).

Cette exposition est visible à l’Hôtel Cabu, 21 rue Ste Catherine à Orléans .

Ci joint le lien du Livret programme-WEB-

Dans la cour de l’Hotel Cabu (je recherche la signification exacte de cette installation, merci d’utiliser la rubrique commentaire)

« Ce sera l’occasion d’embrasser la diversité et la richesse des communautés installées sur notre territoire et de donner à leurs histoires, devenues les nôtres, une valeurs patrimoniales. » Olivier Carré, maire d’Orléans, député du Loiret . Extrait de la préface du livre de 230 pages  « Histoires de migrations, Intimités et espaces publics » publié pour guider le visiteur dans cette exposition.

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L'affiche du film

L’affiche du film

Lire le résumé.

Une multitude de sujets d’actualité dans 1h29 de film :

L’émigration, l’asile politique, l’asile économique, la sécurité, la religion, la place des parents dans l’éducation, la crise des profs, les ados, les collèges, les difficultés économiques vécues pour vivre  à Paris, autant de sujets abordés dans ce documentaire très riche.

Tous ces sujets provoquent des drames, comme la séparation des enfants de leurs parents restés au pays et confiés à une cousine ou tante, comme le déménagement précipité vers une nouvelle destination inconnue, décidé par l’assistante sociale pour bénéficier d’un vrai logement, comme le risque d’être mariée de force et d’être excisée si elle retourne au pays, comme le risque d’être rejeté par la société parce qu’il est juif, comme le sentiment d’être victime du racisme parce que « personne l’aime » à cause de ses cheveux crépus. Heureusement grâce à l’écoute de leur professeur souvent facilité par la caméra de la réalisatrice mais aussi de leur propre caméra  ces jeunes expriment longuement ces difficultés . Ces situations deviennent des atouts,  grâce à la solidarité et  l’amitié qu’elles provoquent et surtout grâce à la volonté (différente selon leur âge et leur culture) qu’ils doivent mettre en oeuvre . A la fin de l’année leur prof exprime son espoir et sa conviction de les rencontrer plus-tard dans les professions ou les statuts dont ils rêvent actuellement, signe qu’ils trouveront leur place dans la société française.

L’optimisme et la croyance en l’homme domine donc dans ce documentaire, loin de la peur de l’autre et l’individualisme ambiant.

 

Une oeuvre cinématographique exceptionnelle :

Chapeau à cette réalisatrice pour ses images vraies qui en disent tant ; comment a-t-elle réussi à rester en gros plan sur la larme de cette jeune africaine volontaire et révoltée, chance ou écoute et attention  ? Les rencontres avec les parents ou remplaçant des parents sont des moments exceptionnels tant les regards sont justes.

Le petit tunisien (Photo Internet)

Le petit tunisien (Photo Internet)

Un film à voir d’urgence :

Comme le fameux « Sur les chemins de l’école », ce film risque d’être victime de l’embouteillage de la production cinématographique et de ne pas rester longtemps en salle.

Ici à Orléans, Les Carmes ont programmé 4 séances par jour jusqu’à mercredi prochain mais après ?

Pour passer un moment agréable et passionnant parce que plein de chaleur humaine et d’optimisme il faut aller voir ce film.

Elle est pas facile mais surtout pleine de vie ! (photo Internet)

Elle est pas facile mais surtout pleine de vie ! (photo Internet)

 

 

Photo: AFP/Alexey Sazonov  Un homme tient une affiche disant : « La Russie sans fascisme », lors de la manifestation de Moscou.

Photo: AFP/Alexey Sazonov Un homme tient une affiche disant : « La Russie sans fascisme », lors de la manifestation de Moscou.

Bonne nouvelle, le communisme, le nationalisme n’ont pas supprimé toutes les valeurs d’humanisme en Russie.

En effet c’est avec bonheur que j’ai lu (pas vu au JT…) que le dimanche 26 décembre 2000 personnes avaient manifesté dans le centre de Moscou.

« Le gouverneur de la région de Kirov, Nikita Belykh, l’opposant Vladimir Ryjkov ainsi que plusieurs acteurs, musiciens et journalistes connus ont pris part à la manifestation organisée à l’appel de l’écrivain Viktor Chenderovitch pour dénoncer « la xénophobie ». » Radio-canada.

On sait que le racisme est énorme et violent en Russie : 293 blessés en 2009, 282 en 2008 et peu de condamnation (en augmentation en 2009). Voir sur Skynet.be  cet article .

Des amis d’origine arménienne  réfugiés en France il y a 6 ans,  avaient dû quitter la Russie où ils s’étaient installés, parcequ’il n’y avait plus de travail pour les gens du sud.

Je me souviens lors de ma visite à Moscou en 2003, les commentaires désagréables de notre guide devant les caucasiens « zônant » près des bouches de métro…

Bref cette manif redonne le moral, des russes réagissent !

A quand une internationale contre le racisme dans notre vielle Europe ?

Welcome, cette inscription sur les tapis brosse illustre nos pas de porte. Dans le film « Welcome » l’image s’arrête sur ce tapis dans l’immeuble de Simon, le héros. Alors je me suis demandé si ce n’était pas le message principal à tirer de ce film.
D’où vient la polémique que ce film a déclenché. Si ce n’est que provoquer en chacun d’entre nous la réflexion ; sommes-nous prêts à accueillir ces hommes et ces femmes venus de loin et qui nous paraissent si différents.
Le droit d’asile est malmené en France, mais nos gouvernants ne font-ils pas la politique qui est le reflet de ce que pense la société (idem pour les prisons).
Ce film était nécessaire pour montrer la situation de Calais et de ces centaines d’êtres  humains espérant passer en Angleterre.
Cependant il me semble  très doux concernant la pression qui est faite à ces personnes affolées dans ce cul de sac. La presse relate des faits plus violents. Ne fallait-il pas édulcorer un peu pour passer dans le grand public (pas trop bousculer !).
Contre Simon qui aide ce jeune kurde , les flics utilisent la rumeur, la dénonciation pour « poliment » appliquer le code pénal à ce mec différent qui reçoit chez lui « des crasseux, des voleurs… ».
Je me demande si c’est la réalité ; Marion (l’ex femme de Simon) explique à plusieurs reprises comment pour les bénévoles est difficile la distributions de vêtements et de nourritures tous les soirs face à la police. On voit dans le film combien ils sont prudents devant le dispositif législatif et policier pour pouvoir continuer leur œuvre humanitaire. J’aurai aimé que le réalisateur nous montre plus leur vie quotidienne.
Je sais qu’une de mes lectrices fidèles participe à ces actions humanitaires à Calais, peut être dans les commentaires donnera-t-elle des infos supplémentaires. Merci.
Enfin voilà un bon film à mettre entre tous les cœurs.

Je viens de trouver dans lemonde_fr_grd
un interview d’un spécialiste international (OCDE) : voir particulièrement le dernier paragraphe !

Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l’OCDE
« Malgré la crise, les pays doivent continuer à intégrer les
immigrés, car ils font partie de leur économie »
LE MONDE | 25.02.09 | 14h45  •  Mis à jour le 25.02.09 | 14h45
Le télescopage entre la crise économique et les courants migratoires inquiète les trente pays
membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l’institution, s’est vu
confier la rédaction d’un rapport sur le sujet, prévu pour le mois de juin.
Les travailleurs migrants sont-ils particulièrement frappés par la crise économique
?

La crise intervient dans un paysage singulier : ces dernières années ont été caractérisées par des
flux migratoires très importants, avec un regain de l’immigration de travail. Les immigrés ont
largement bénéficié des créations nettes d’emplois dans les pays de l’OCDE.
La crise inverse tout, selon la règle « dernier entré, premier sorti ». Les immigrés sont plus touchés
que les autres parce qu’ils sont concentrés dans les secteurs les plus exposés, dans les qualifications
peu élevées, les emplois temporaires, les statuts précaires. Dans les premiers pays touchés, ils ont
été très vite balayés.
Au-delà du chômage, quel est l’impact de la crise sur les migrations ?
Certains prédisent une explosion du nombre de clandestins, une chute des migrations, la
multiplication des retours au pays… Tout cela est basé sur du vent. A ce jour, on a très peu
d’éléments de mesure. Je crois qu’on ne peut pas s’attendre à des retours massifs de travailleurs
migrants, car la situation est pire dans les pays d’origine.
On a vu, dans les années 1970, que les immigrés ne rentraient pas chez eux. Dernièrement,
l’Espagne a annoncé un objectif de 100 000 retours, avec une forte incitation financière. Ils n’ont
même pas 2 000 demandes… Quant aux clandestins, la crise à elle seule aurait plutôt tendance à
réduire leur nombre, en limitant l’intérêt économique de la migration.
Beaucoup de migrants en Europe viennent de nouveaux adhérents à l’Union
européenne : Pologne, Roumanie… Y a-t-il une situation spécifique aux Vingt-Sept ?
L’élargissement de l’Union européenne a déclenché des migrations bien plus importantes que ce
qu’avait prédit la Commission. L’immigration au Royaume-Uni et en Irlande a très fortement
augmenté, et des pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce sont devenus des destinations
pour les migrants à la recherche de travail.
En quelques années, les Roumains sont devenus la première nationalité étrangère en Espagne,
devant les Marocains et les Latino-Américains ! A l’heure où le chômage pousse les Espagnols à
revenir vers les emplois saisonniers qu’ils avaient abandonnés aux immigrés, le gouvernement a
peu de marges de manoeuvre…
Quel message voulez-vous adresser aux pays de l’OCDE ?
La crise est porteuse de racisme, de xénophobie. On entend des discours qui dérapent. Beaucoup
de pays ont durci leur politique migratoire, réduisant leurs quotas, se montrant plus sévères avec
les clandestins, appliquant strictement la préférence accordée aux chômeurs nationaux…
Nous voulons inviter les gouvernements à une analyse équilibrée. Leur rappeler que la croissance
s’est faite avec les immigrés, qui font partie de leur économie. Le vrai enjeu aujourd’hui, c’est de ne
rien lâcher sur les politiques d’intégration. Au contraire, il faut profiter de la crise pour mettre en
place des politiques de formation, afin de mieux utiliser les qualifications des travailleurs migrants
; permettre aux immigrés de passer d’un statut à un autre, puisqu’on sait qu’ils ne repartiront pas.
Pour l’OCDE, les pays développés doivent-ils rester des terres d’immigration, même
en temps de crise ?

Oui. Certains besoins de main d’oeuvre sont structurels et résisteront à la crise, notamment dans le
secteur de la santé, le soin aux personnes âgées. En période de reprise, les immigrés apportent
souplesse et dynamisme. Restent ensuite les questions géopolitiques : on ne peut pas chercher des
marchés et des matières premières dans les pays en développement et leur fermer complètement la
porte.
L’histoire des migrations a toujours été celle du donnant-donnant. Les pays occidentaux n’ont pas
intérêt à voir se développer à leur porte des situations explosives, qui entraîneraient une montée en
flèche des migrations incontrôlées : réfugiés, demandeurs d’asile ou clandestins.
Propos recueillis par Grégoire Allix

Article paru dans l’édition du 26.02.09