Extrait du carnet de voyage imaginaire de Bernard, Seigneur d’Orléans, en route vers Saint Jacques de Compostelle en l’an 1180.

Pour assurer mon Salut, mon confesseur m’a conseillé de faire un pèlerinage. J’avais le choix entre les trois villes saintes de l’époque : Rome, Jérusalem ou Saint Jacques de Compostelle. J’ai choisi cette dernière car à la  suite au pillage de cette ville par les Maures en 997, toute la chrétienté d’Europe se mobilise autour du pape Urbain II et des moines de Cluny pour sauver le tombeau de Saint Jacques le Majeur en Galice. De plus aller à Jérusalem sur le tombeau du Christ ne me plait pas car je suis  plutôt pacifique ; je ne suis pas favorable aux croisades et encore moins prêt à participer à la colonisation de ce territoire. A cette époque le sultan Aladin, maître du Caire ambitionne de reprendre la cité céleste aux Francs qui y sont installés depuis l’an 1099 .

Je suis donc parti d’Orléans …puis Beaugency, Notre Dame de Cléry, vous connaissez la chanson ! Après avoir traversé Limoges avec le petit groupe qui m’accompagne, nous suivons la vallée de la Dronne.

La Dronne

La Dronne est une rivière qui parcourt le Périgord Vert sur 201 km, du département de la Haute Vienne à celui de la Gironde en passant par ceux de la Dordogne, de la Charente et même de la Charente Maritime. Elle se jette enfin dans la Dordogne.

Cette rivière traverse des paysages magnifiques

Des falaises de calcaire et des aulnes tout au long de son cours

Des moulins comme ici à Bourdeilles, utilisent le courant de la rivière pour produire de l’énergie ; plus tard ce sera le premier à produire de la « lumière électrique ».

Aubeterre

Là toute l’Europe des pieux seigneurs comme moi, s’y retrouve. Nous sommes sur une des routes qui mènent à Saint Jacques de Compostelle dans le royaume de Galice . Depuis le  IXème siècle les chrétiens y honorent les reliques de Saint Jacques le majeur. Heureusement « comme à Rome  » plusieurs chemins mènent à Saint Jacques de Compostelle.

En arrivant de la vallée nous découvrons en haut de la falaise le château du vicomte d’Aubeterre qui à son retour de croisade a fait construire par des moines bénédictins, une église sous son château directement dans la falaise. A cette époque, c’était la mode, sûrement pour copier les constructions de la Cappadoce sur la route de Jérusalem.

Vue générale aperçue par les pèlerins de la vallée de la Dronne, l’église Saint Jean se situe sous le Château

Eglise Saint Jean

En procession nous entrons dans cette curieuse église. Nous y prions les saints qui s’y trouvent enterrés ou en reliques. Grâce à ces suppliques nous espérons avoir encore plus de courage et que ces derniers nous protègent au long de notre parcours encore très périlleux, « mais grâce à Dieu et à ses saints » tout ira bien.

Entrée de l’église

Depuis mon passage des archéologues ont fouillé les sépultures …

Les 80 sépultures coté ouest

Pour se rappeler le Saint Sépulcre de Jérusalem, le vicomte a fait construire dans la masse, un reliquaire de la même forme que ce tombeau du Christ.

Le reliquaire dont la forme s’inspire de celle du Saint Sépulcre découvert à Jérusalem lors de la première croisade . Haut de 6 mètres Il a été réalisé par évidement de la paroi calcaire. Il peut donc être qualifié de monolithe.

Dans cet immense reliquaire les archéologues ont retrouvé en 1848  les restes des propriétaires du château…

Saint Sépulcre à Jérusalem (archive mai 2016)

A Aubeterre tout est fait pour que notre prière soit la plus productive possible, pas de bousculade, nous déambulons en procession dans… les murs de l’église. C’est l’avantage d’une construction dans la falaise même. Nous y sommes nombreux car ces galeries font près de 3 mètres de largeur, et luxe supplémentaire des larges ouvertures ont été réalisées sur la nef de l’église pour faire entrer la lumière et que l’on puisse toujours honorer les reliques.

Vue plongeante sur l’abside en cul de four, précédée d’une large nef (27m mètres de long et 16 mètre de large)

A 15 m, l’église est bordée sur trois de ses côtes par un large galerie à laquelle on accède par un escalier taillé dans le roc.

A droite l’escalier qui mène aux galeries que l’on voit plus haut à 15 m

Les voutes s’élèvent à presque 20 m

Devant la grandeur de cette église nous sommes très impressionnés, ce lieu sacré est vraiment hors du commun.  Mes compagnons de pèlerinage et moi même, sommes bénis par tant de splendeur propice à la méditation .  Quels talents ces moines bénédictins ! Quel travail pour sculpter et excaver  tant de matériau !

Dommage pendant notre passage nous ne remarquons aucun signe de ces constructeur. Il faudra attendre 10 siècles pour qu’inopinément les chercheurs découvrent une crypte utilisée par les moines bénédictins.

La crypte et de chaque coté les stalles où s’installaient les moines.

Eglise Saint Jacques

Nous devons cheminer encore plus de 1200 km pour arriver à notre destination. Nous ne pouvons quitter Aubeterre sans nous recueillir dans collégiale Saint Jacques. Elle vient d’être consacrée juste avant notre passage en 1171.

La façade de cette collégiale datant de 1171. Les 12 apôtres avaient leur place dans les 13 arcades du deuxième niveau

Comme dans les églises de la région, sa façade de 19 m de largeur et sa hauteur de 13 m est une illustration de la foi chrétienne. Ses chapiteaux, ses statuts sont des images sacrées que nous conserverons tout au long de notre cheminement vers Saint Jacques. Ces sculptures offrent à notre regard la vision de la beauté du monde créé par Dieu. Nous lisons ainsi la Bible, notre enseignement pour obtenir notre salut.

La vie de tous les jours

L’imaginaire

Ressourcés nous partons pour de nouveaux lieux de recueillements et aussi lieux de rencontres entre chrétiens de toute l’Europe.

Dans quelques jours nous serons à Saintes… et par la magie de l’électronique et d’Internet …. nous ferons un bond de plus de mille ans (cliquer)

 

 









Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *